Voyage sans ticket

tripwithoutaticket

Nos équilibres mentaux autorisés sont de si nombreux Nembutals. Les citoyens « normaux » avec de faux sourires se tiennent à l’écart les uns des autres comme des capsules entassées dans une bouteille. Malades mentaux perpétuels. Des boulots mortellement stériles en camisoles de force, l’amour récuré en une insipide « relation personnelle fonctionnelle » et l’Art comme fantasme pacificateur. Chacun est gardé à l’intérieur alors que l’extérieur est montré à travers des fenêtres: informations publicitaires et manucurées. Et nous savons tous cela.

Combien d’émissions spéciales faudraient-ils pour mettre en place une révolution au Guatemala? Combien de semaines faudraient-il à une agence de pub pour relifter l’image du Viet Cong?

Lentement, très lentement, nous sommes conduits nulle part. Les cirques de la consommation sont organisés quotidiennement dans la cellule. Les critiques sont tolérées en tant que nouveautés explosives. On nous dira quels asiatiques en flammes prendre au sérieux. Lentement. Plus tard.
Mais il y a un réel danger à réveiller brutalement un somnambule. Et nous le savons tous.

Que se passe-t’il s’il est surpris par la fenêtre ?

Personne ne peut contrôler le simple moment de rupture qui transforme le jeu en réalité critique. Si la vitre est cassée, si la distance soigneusement protégée avec les médias est supprimée, les patients ne pourraient bien ne plus jamais être normaux à nouveau. Ils deviendront des acteurs de la vie.

Le théâtre est territoire. Un espace d’existence en dehors des murs capitonnés. Dresser une scène, c’est déclarer un pardon universel à l’imagination. Mais ce qui arrive ensuite doit représenter plus qu’un sanctuaire ou une réserve. Comment de vrais gardiens réagiraient-ils devant des acteurs de la vie dans des zones libérées ? Comment la liberté intrinsèque du théâtre peut-elle illuminer les murs et montrer les points de faiblesse où pourrait subvenir la rupture ?

Le théâtre guérilla a l’intention d’amener les publics dans des territoires libérés pour créer des acteurs de la vie. Il reste lumière et exploitant de formes pour les mêmes raisons qu’il veut rester libre. Il recherche des publics qui sont créés par des problèmes. Il créée une caste d’êtres libres. Il deviendra lui-même une délivrance.

C’est le théâtre d’un underground qui veut émerger. Son but est de libérer le territoire tenu par les gardiens consuméristes et d’établir un territoire sans murs. Ses représentations sont des briseuses de vitres pour les fenêtres de l’empire.

Magasin gratuit/propriété du possédé

Les Diggers sont hip quant à la propriété. Tout est gratuit, fais ton truc. Les êtres humains sont les moyens d’échange. La nourriture, les machines, les vêtements, les matériaux, les logements et autres accessoires sont simplement là. Des choses. Un distributeur parfait serait un Automate gratuit dans la rue. Les serrures sont des consommatrices de temps. Les combinaisons sont des horloges.

Alors un magasin de produit, ou une clinique ou un restaurant gratuit devient une forme d’art social
Un théâtre sans ticket. En dehors de l’argent et du contrôle.

« D’abord tu dois neutraliser ce qui cloche en Occident. La défiance envers la nature humaine qui signifie la défiance envers la Nature. La défiance envers la violence en elle-même signifie littéralement la défiance envers l’état sauvage. » –Gary Snyder

Les Diggers tiennent des magasins gratuits pour libérer la nature humaine. D’abord libérer l’espace, les biens et les services. Les théories économiques doivent suivre les réalités sociales. Une fois qu’un magasin gratuit est ouvert, le vouloir et le don, le besoin et le prendre, propres à l’ humain deviennent grands ouverts à improvisation.

Un symbole: Si Quelqu’un Demande à Voir le Responsable, Dites-lui que le Responsable, c’est Lui.
Quelqu’un demande combien coûte un livre. Combien pense-t’il qu’il vaut ? 75 cents. L’argent est pris et offert à quelqu’un. « Qui veut 75 cents? » Une fille qui venait juste d’entrer s’approcha et le prit.

Un panier où est inscrit Argent Gratuit.

Pas de propriétaire, pas de Responsable; pas d’employés et pas de caisse enregistreuse. Un vendeur dans un magasin gratuit est un acteur de la vie. N’importe qui qui proposera une réponsa à une question ou qui acceptera un problème comme un moyen de se brancher.

Question (murmurée): « Qui paie le loyer? »

Réponse (à voix haute): « Puis-je vous aider? »

Qui est prêt à faire face aux implications d’un magasin gratuit ? Des mères aisées empilent des sacs emplis de vêtements pendant quelques jours et reviennent pour prendre des robes. Des gamins fouillent l’endroit en se demandant comment s’arranger.

Des casques de pompiers, des pantalons de cheval, des rideaux de douche, des blouses chirurgicales et des bottes militaires de la Première Guerre Mondiale sont des parties de déguisement. Des bonnets de nuit, des mallettes d’échantillons, des pipes à eau, des faux pistolets et des ballons météorologiques sont pris comme accessoires. Quand les choses sont gratuites, l’imagination devient monnaie courante pour l’esprit.

D’où viennent ces trucs ? Des gens, des personnes, des humains. N’est-il pas évident que les objets ne sont seulement que des sujets fugaces des valeurs humaines. Un objet libéré des valeurs d’une personne doit être détruit, abandonné ou rendu disponible pour d’autres personnes. C’est au choix de chacun.

La question d’un magasin gratuit est seulement: qu’auras-tu ?

Fête de rue — naissance de haight/funérailles du $ maintenant

Le Pop Art a reflété la peau du corps social. Les happenings en ont passé les os aux rayons-X. Les fêtes de rues sont un acide social ouvrant la conscience sur ce qui est réel dans la rue. Développer la vision jusqu à ce que les faits soient déterminés par l’action.

Le Jour des Morts mexicain est célébré dans les cimetières. Des fleurs jaunes qui tombent, pétale après pétale, sur les tombes. Au clair de lune. Les chansons favorites du mort et tout le monde s’enivre. Les enfants sucent des glaces en forme de têtes-de- morts avec leur nom gravé dessus.

Un fête digger. Des fleurs, des miroirs, des pipeaux, des filles déguisées en elles-mêmes, des Hell’s Angels, des gens de la rue, la Mime Troupe.

Les Angels descendent Haight en moto avec des filles tenant un écriteau avec inscrit dessus Maintenant! Des fleurs et des pipeaux sont distribués à tout le monde..
Un choeur des deux côtés de la rue chante Uhh!–Ahh!–Shh soit cool! Des miroirs sont tendus pour refléter le visage des passants. .

[édition 10/66:
La musique des pipeaux, les applaudissements, des fleurs jetées en l’air. Un conducteur de bus pris dans l’action descend danser pendant une rapide minute libre. Il n’y a plus de passants. Tous le monde est ensemble.]

La procession funéraire. Trois messagers enveloppés dans un linceul noir tiennent des bâtons surmontés de symboles du dollar Un coureur qui balance une lanterne rouge. Quatre employés des pompes funèbres, à tête d’animaux, portent un cercueil empli de faux dollars en argent.Un chœur chante Get Out Of My Life Why Don’t You Babe et la Marche Funèbre de Chopin. les participants à la procession distribuent des pièces d’argent et des bougies.

Il n’y a plus de réalité. Quelqu’un saute d’une voiture et annonce que deux Angels ont été arrêtés. La foule, le cortège funéraire et les amis des Angels emplissent la rue pour marcher vers le poste de police du Park. Les flics font face à 400 humains libres : un poète qui grogne avec un luth, des esprits animaux en noir, des filles avec des bougies allumées chantant Silent Night. Une collecte pour la caution emplit un casque d’ Angel. La marche revient dans Haight et danse dans la rue .

Les fêtes de rues sont des rituels de libération. La réclamation d’un territoire (le crépuscule, la circulation, la joie du public) par l’esprit. Possession. Nouvelle Perception.

Pas théâtre de rue, la rue est le théâtre. Les parades, les attaques de banques, les incendies et les explosions sonores focalisent l’attention de la rue. La foule est l’assistance de l’événement. La libération de l’esprit de la foule peut accomplir des réalités sociales. Les émeutes sont une réaction au théâtre de la police. Les jets de bouteilles et les voitures renversées sont les réponses à un spectacle monotone, brutal mécanique, mortel. Les gens envahissent les rues pour exprimer des sentiments publics particuliers et être en communion entre humains. Pour demander « Qu’est-ce qui se passe? »

L’alternative à la mort est des funérailles joyeuses en compagnie des vivants.

Qui Paie Pour Ton voyage?

L’industrialisation fut un combat contre l’écologie du 19ème siècle pour gagner son pain au prix de la pollution et de la folie. Les guerres contre l’écologie sont suicidaires. Le niveau de vie US est une couche pour bébé bourgeois pour des cadres qui crient dans leur sommeil. Aucun marécage du Pléistocène ne peut concurrencer l’horreur pestilentielle du dépotoir urbain moderne. Aucun enfant du Progrès Occidental Blanc n’échappera à la corvée de traîner leurs possessions obscènes.
Mais les outils( ce que sont toutes les usines) restent innocents et l’éthique de l’avidité n’est pas nécessaire. Les ordinateurs rendent obsolète le principe du travail salarié en l’incorporant. Nous somme libérés de la conscience mécanique . Nous pourrions évacuer nos usines, les confier à des androïdes, nettoyer notre pollution. les Nord Américains pourraient abandonner leur autosatisfaction pour développer leur être.

Notre conflit est avec les chefs au boulot et les gardiens de la consommation d’une poubelle-folle permissive. Propriété, crédit, intérêt, assurance, paiements, profit sont des concepts stupides. Des millions de non-possédants et de marginaux aux Etats-Unis vivent sur un débordement de graisse produit par la technologie. Ils ne combattent pas l’écologie, ils y réagissent. Les salons des classes moyennes sont des salons funéraires et seuls des fossoyeurs peuvent y vivre. Notre combat est contre ceux qui nous tueront par des boulots débiles, des guerres imbéciles et une moralité de l’argent insipide.

Abandonnez le travail puisque les ordinateurs peuvent le faire! Toute occupation humaine peut être réalisée gratuitement. Peut-on y renoncer?
Les révolutions en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud sont en faveur d’une industrialisation humaniste. les ressources technologiques d’Amérique du Nord peuvent être utilisées dans le monde entier. Gratis. Pas un cadeau paternaliste, partagées

Notre conflit commence avec les salaires et les prix Le voyage a été payé grâce à un coût incroyable en termes de morts, d’esclavage et de psychoses.

Une fête pour les principaux quartiers des affaires dans toutes les villes U.S. Infiltrez-vous dans les bureaux des plus grandes sociétés avec des acteurs de la vie déguisés en secrétaires nymphomanes, réparateurs maladroits, cadres fous furieux, vigiles débraillés, réceptionnistes avec des animaux dans leurs vêtements. Profil bas jusqu’à la première pause-café et puis on y va franco.

Les secrétaires déboutonnent leur blouse et coincent les employés timides contre le mur. Les réparateurs font tomber les machines à écrire et renversent les rafraîchisseurs d’eau. Les cadres font irruption dans les bureaux privés et font état de leur degré d’ancienneté; les vigiles exhibent des bouteilles de pinard et bloquent les portes des ascenseurs. Les réceptionnistes sortent des poissons rouges, des lapins, des pigeons, des chats en laisse, des chiens en liberté.

A midi, 1 000 humains libres chantant et dansant surgissent dehors pour persuader les employer de prendre leur journée . Des banderoles descendent des fenêtres des bureaux pour annoncer la libération. Des complices en costume-cravate sortent en courant de l’immeuble, se déshabillent et plongent dans la fontaine. Les ascenseurs sont saturés d’encens et une bataille de tartes à la crème éclate dans la cafétéria. Le théâtre est un fait/ une action

Abandonnez le boulot. Soyez avec les gens. Défendez-vous contre la propriété.
.
NDT : Publié à l’origine durant l’hiver 1966-67. Réédité par la Communication Company le 28/6/67. puis inclus dans les Digger Papers en août 1968