Dyer D. Lum

Dyer Daniel Lum 1839 – 1893

Dyer Daniel Lum 1839 – 1893 Libre-penseur, syndicaliste, anarchiste individualiste américain. Il a écrit dans de de nombreux journaux et revues, dont Liberty de Benjamin Tucker, Lucifer the Light-Bearer et Twentieth Century, A la mort de Albert Parsons, il a repris la publication de The Alarm (1886 -1889) avec Lizzie Holmes. Il a rencontré Voltairine de Cleyre en 1888 et est devenu son mentor et amant.

Voltairine de Cleyre a écrit un autre article intitulé Dyer D. Lum en 1894 ainsi que “Economics of Dyer D. LumTwentieth Century du 7décembre 1893

Voir également une bibliographie exhaustive de Dyer D. Lum par Shawn P. Wilbur


Dyer D. Lum par Voltairine de Cleyre

Texte original : Dyer D. Lum, Voltairine de Cleyre The Freethinker’s Magazine Vol.11 n°8, août 1893

DYER D. LUM, poète, philosophe et révolutionnaire dont le portrait figure au frontispice de ce numéro du Magazine, est né à Geneva, dans l’état de N. Y., le I5 février 1839. En ces jours où le cri de “étranger” est hurlé à quiconque défend une conception de la société sans gouvernement, cela vaut peut-être la peine de retracer les origines d’un homme si important dans le mouvement radical extrême.

En 1732 Samuel Lum est arrivé d’Écosse dans ce pays. Daniel Dyer Lum, ou comme il l’a écrit par la suite, Dyer Daniel, était le descendant direct de cinquième génération de cette personnalité écossaise rugueuse, qui, pleinement épanouie dans les paysages sauvages de Nouvelle Angleterre, semble s’être transmise relativement intacte à Daniel Ludlow Lum, le père de Dyer, un homme d’une stricte intégrité, implacablement religieux, croyant profondément en la vieille école et lui étant totalement fidèle Le sujet de notre portrait a été discipliné très tôt par l’application libérale de la baguette, « un point sur lequel, mon père et son père étaient en désaccord dans ses jeunes années” remarque maintenant son fils. Du côté maternel, il est aussi le descendant d’une vieille famille coloniale, celle de Benjamin et Sarah Tappan, bien connue dans l’histoire révolutionnaire, et,comme je l’ai appris à travers quelques curieuses remarques au sujet de son hérédité “connue pour son dévouement à la Réforme depuis l’époque de la reine Elizabeth, avec leurs armoiries indiquant un ancêtre croisé.” Il ajoute: “Dans sa ville [Northampton], mon grand père était un des ‘Minute Men’ enrôlé dans l’armée du Massachusetts et portait les armes — entre les prières.”

Les Tappan étaient tous des gens intelligents, l’un d’eux avaient fondé le Journal of Commerce à New York, un autre avait été sénateur, un troisième un avocat anti-esclavagiste célèbre.

Sarah Patterson Tappan, veuve de Daniel L. Lum,vit toujours à Geneva, N. Y., à quatre-vingt dix ans bientôt. Elle a hérité des facultés brillantes des Tappan, l’esprit vif analytique et logique, ainsi que la causticité et l’ironie qui effleurent si souvent dans les écrits de son fils. Mr. Lum a toujours vanté ses aptitudes et, tout en parlant de son père avec le plus grand respect, ne ressentait manifestement pas pour lui la même communion d’esprit qu’avec sa mère malgré leurs grandes divergences d’opinion. Car elle aussi est éminemment orthodoxe, et dans le foyer des Lum, le « Jour du Seigneur » était accueilli avec un “recueillement respectueux.”

Il me manque la drôlerie inimitable de sa voix et de ses gestes, mais je ne peux m’empêcher de répéter l’une des histoires sur M. Lum illustrant l’effet de cette piété sévère sur lui et son frère William, mort depuis longtemps. La famille recevait souvent comme invités des prêtres et à une occasion, ou deux ou trois d’entre eux étaient présents, ils ont décidé d’interroger William sur son catéchisme. Dyer était dans une pièce à côté, l’oreille collée au trou de la serrure. Un prêtre, avec une grande dignité professionnelle lui a posé la question : “Quelle est la principale finalité de l’Homme?” William aurait dû répondre : “ La principale finalité de l’Homme est de glorifier Dieu et de l’aimer pour toujours.” Mais au lieu de cela, il ânonna d’une voix rapide et nasale : “ La—principale—finalité—de—l’Homme—est—de—glorifier—Dieu —et de—Lui—résister—pour toujours.” Sur ce, il y eut un ricanement étouffé venant du trou de la serrure, le prêtre a essuyé ses lunettes,le garçon a été congédié et comme l’ajoute notre sujet “nous nous sommes étreints Bill et moi!”

A une autre occasion, sa croyance dans l’existence de Jéhovah a subi un choc irréparable. En jouant au ballon un dimanche, il l’envoya par-dessus la clôture. Il l’escalada et, en revenant,déchira son pantalon. “Je savais les conséquences” dit-il, “et instinctivement je me suis exclamé ‘putain’ . Je suis redescendu immédiatement, fermant les yeux et me faisant le plus petit possible en attendant la foudre courroucée du ciel. Rien n’est venu. Après quelques secondes, je me suis risqué à ouvrir un œil,puis l’autre. Rien. J’ai ouvert grands les yeux et regardé autour de moi. Le ciel était toujours aussi bleu, les arbres aussi verts et les oiseaux chantaient toujours aussi joliment. J’ai pris une profonde inspiration, les yeux levés et j’ai dit lentement et posément ‘Putain.’ Aucun résultat. ‘Putain, ‘putain, putain, putain, pu-u-tain —’ Le ciel était encore bleu. J’ai regardé mon pantalon, secoué la tête, descendu de la clôture et je n’avais plus une once de foi en moi.”

Je dois ajouter ici qu’il n’en a plus jamais eu après cela, au sens commun du terme et, tout en respectant les croyances des plus humbles et des plus ignorants, en désapprouvant souvent ces libre-penseurs qui veulent seulement détruire la religion des gens, , en ce qui le concerne, Jéhovah n’a jamais été qu’une plaisanterie. Il avait tellement de mépris pour la théologie qu’il ne pouvait jamais la considérer sérieusement. Pour lui, la tentative de prouver que la Bible n’est pas la parole inspirée de Dieu, équivalait à vouloir prouver que la lune n’est pas faite de fromage. Il considérait que la question avait été réglée il y a deux cents ans et ne convenait qu’aux dessins humoristiques de Heston 1. Je parlerai plus tard de ses idées philosophiques.

Après avoir suivi une scolarité classique, il a appris la reliure. Alors qu’il travaillait à Syracuse et à peine âgé de vingt ans, il s’est marié avec Miss Julia Etta Wedge, une demoiselle encore plus jeune que lui. Le mariage a été heureux et même si, dans ses dernières années, Mr. Lum a été obligé par un concours de circonstances de vivre loin de son foyer, il n’a jamais cessé de le considérer avec tendresse, en ly faisant allusion avec cette même touche de tristesse avec laquelle un exilé parle de son pays bien-aimé. Il a laissé derrière lui deux enfants, un fils et une fille.

Au début de la guerre, D. D. Lum s’est engagé comme volontaire dans le 125ème Régiment d’Infanterie de New York. Il a été fait prisonnier par les rebelles et envoyé à la prison de Libby, dont il s’est échappé avant que d’être capturé à nouveau. Plus tard , il a bénéficié d’un échange de prisonniers et s’est engagé dans le 14ème Régiment de Cavalerie de New York Cavalry, où il a servi du 28 février I863 au 24 avril 1865, lorsque il a été libéré. Durant ce temps, il a été promu de sergent à sergent-major, adjudant puis capitaine en octobre 1864. Il n’a jamais servi sous ce grade, cependant, les combats ayant pratiquement cessé; selon son expression comique: “Juste comme j’ai été promu, cette satané guerre s’est arrêtée ».

Mais, si il en était venu à considérer la guerre autrement durant la dernière période de sa vie nul doute qu’alors, il croyait se battre pour le droit, incarné par le gouvernement des États-Unis et symbolisé par son drapeau. Il ne vit qu’une question politique; et, encore jeune comme il l’était et vivant dans le tourbillon de l’action physique plutôt que dans sa large vision intellectuelle des années suivantes, il lui était simplement impossible de voir la gigantesque lutte des années soixante comme il le fit dans les années quatre-vingt. Je doute même que l’intelligence aiguë du penseur qu’il est devenu aurait pu discerner dans ces vagues ombres difformes mais immenses, projetées sur la toile du destin, grimaçantes, rougies et noircies par le sang de leur naissance brutale, le contour de ces pouvoirs industriels énormes qui entraînent aujourd’hui les êtres humains dans l’inexorable maelstrom du développement économique. Il l’a vu après; il a vu toute la lutte entre le Nord et le Sud comme l’immense choc entre deux systèmes économiques opposés, où la main d’œuvre gratuite représenté par l’Esclavage, a été écrasé par la main d’œuvre bon marché représentée par le Salariat. Cela a été sa vision vingt ans après. Mais, à l’époque, il s’est jeté avec toute l’ardeur et l’enthousiasme de sa nature dans l’excitation de la vie militaire, en ayant la conscience tranquille de quelqu’un qui croit « mener un juste combat ». Certains aspects de sa personnalité ont réagi favorablement à cet environnement et, comme le lecteur le verra dans l’extrait suivant d’une lettre privée datée de septembre 1889, il « s’y sentait à la maison.”

“Il existe des endroits à l’intérieur de moi que je connais à peine — de grandes mares profondes et troubles, sans fond comme l’enfer, qu’aucun fil à plomb ne pourrait sonder; des îles inconnues, ou plutôt inexplorée, que l’œil intérieur entrevoit parfois de manière fugitive à travers la brume, attiré comme par un mirage trompeur dans le désert. Je me demande souvent (moi et tous mes egos semi-conscients) si j’ai une double personnalité, pas de manière alternée du genre Jekyll-Hyde, mais toujours présente et en conflit description. L’un est laxiste, méprisante, paresseuse, lente à se réveiller, calme et tous les autres adjectifs possibles, qui, après tout, ne qualifient que la médiocrité confortable. L’autre sauvage, du genre Viking, Fils d’Odin. J’ai souvent marché, trempé, dans le rugissement d’une tempête; ou, à l’armée, été assis sous un arbre dans un vrai orage sudiste et regardé les éclairs et le sourd grondement du tonnerre en exultant, parce que « je » me sentais à la maison, que je pouvais en saisir l’esprit et que je pensais comme un ancêtre nordique aurait pu penser à son époque. On a dit à l’armée que j’étais courageux parce que j’étais passé de simple appelé à capitaine en trois bonds mais il en allait tout autrement. Mon autre nature avait pris le contrôle et avait apprécié la situation avec une plus grande délectation que ne peut comprendre une civilisation ramollie.”

Un autre aspect de sa personnalité lui permettait non seulement d’apprécier le grand et terrible côté de la guerre mais aussi de rendre douces ses épreuves. C’était le sens suprême du ridicule. Il a trouvé le temps de rire au milieu d’une action, et même la faim et la saleté de la prison de Libby l’ont amusé. Il incarnait ce rare paradoxe : un pessimiste avec une plaisanterie perpétuelle à la bouche.

A la fin de la guerre, il est retourné à son travail dans différentes villes de Nouvelle-Angleterre avant d’acheter finalement une maison à Northampton dans le Massachusetts. Là commence son évolution comme théoricien social et écrivain. Il est devenu un correspondant régulier du Irish World, alors un des journaux les plus radicaux de ce genre en Amérique. En 1876, il était sur le ticket Greenback comme Lieutenant-Gouverneur du Massachusetts, avec Wendell Phillips comme gouverneur. L’année suivante survinrent les émeutes de Pittsburg que Lum avait considéré comme le début d’un mouvement ouvrier fort. Pour citer ses propres mots: “Avant cela, quelques-uns d’entre nous avions l’habitude de nous réunir dans une pièce, de discuter et d’imaginer que nous bâtissions un mouvement. Mais la première manifestation du mouvement ouvrier a été des émeutes.” Ces paroles sont caractéristiques. Tout au long de sa vie comme dirigeant syndical, il est resté fidèle à la formule de Proudhon selon laquelle “les jugements humains sont toujours vrais au moment où ils sont prononcés » 2 . Un de ses dictons favoris était « L’homme est toujours plus sage que les hommes.”

Il faisait confiance à l’espèce humaine aussi bien lors de ses poussées de rage aveugles que dans ses moments de labeur tranquille. Il se moquait de ceux qui imaginaient pouvoir faire des plans sur la manière dont devait progresser l’humanité. Et tout en étant si doux qu’il ne pouvait supporter de voir souffrir un animal, lui qui avait souvent fait un pas de côté pour ne pas écraser une fleur au bord de la route, il n’avait aucun regrets quant aux jugements des hommes.Il n’a jamais dit: « Ainsi et ainsi seulement j’aurais la mer. »

Passant par toute la gamme de l’évolution politique, il est devenu révolutionnaire par pure logique. Ses principes n’étaient nullement, comme les ignorants le supposent, le résultat d’une passion précipitée, violente ou incontrôlée. C’étaient des convictions profondes et calmes, basées sur une étude approfondie de l’évolution naturelle et sociale. Il a étudié l’être humain comme il a étudié les plantes; et il est arrivé à la conclusion que, jusqu’à ce que l’espèce admette son unicité dont chaque partie est tenue de respecter le pacte social, jusqu’à ce que des hommes cessent d’en exploiter d’autres et s’unissent pour exploiter la nature, les exploités résisteront légitimement, pacifiquement ou de manière violente. Il est devenu alors un anarchiste individualiste révolutionnaire.

Avant la grande vague de grèves de 1886, et alors qu’il travaillait comme secrétaire dans une commission permanente à Washington 4, il a rencontré Albert Parsons. Les deux hommes avaient été désignés par le Congrès pour enquêter sur les conflits sociaux et ont voyagé jusqu’à San Francisco dans le cadre de leurs investigations. Sur le chemin du retour, Lum s’est arrêté plusieurs semaines en Utah, pour rassembler de la documentations en vue de l’écriture de deux essais sur les Mormons, qui ont connu une large diffusion 5. Lorsque Parsons a été emprisonné, Lum a abandonné son travail (dans un atelier de reliure à Port Jervis, N. Y.), est venu à Chicago, et , dans la gueule de la “Terreur Blanche,” a continuer à éditer The Alarm, le journal de Parsons. Malgré des articles audacieux et la surveillance constante de la police, il n’a jamais été arrêté et a publié le journal aussi longtemps qu’il était financièrement en mesure de le faire; Il avait donné 1 500$ de son argent personnel et, si il avait eu plus, il l’aurait donné de la même manière.Il ne l’a jamais regretté et seuls,quelques personnes le savent, tant sa discrétion était grande. A cette époque, lorsqu’il avait dépensé son dernier dollar, un grand quotidien lui a offert 1 000$ par an pour trahir les secrets des réunions syndicale. C’était David contre Goliath mais David possédait l’Honneur et son mépris était aussi grand que les plus grands.

Après l’exécution de Parsons 6, il a repris la publication du journal à New York, dans un format très réduit. Mais ce fut un échec, par manque de soutien , beaucoup d’abonnés communistes n’aimaient pas ses éditoriaux individualistes.

Depuis sa mort, un certain journaliste a dit qu’il était devenu communiste. C’est totalement faux. Il a cru jusqu’à la fin à la liberté individuelle et au droit à la propriété, pensant que tout communisme conduit à l’autorité.

Après l’échec de the Alarm , il a continué à écrire des articles, des essais et des poèmes, qui dévoilent tous l’érudit et le penseur, parfois le rêveur,que bien peu connaissent. Ses travaux les plus longs sont malheureusement d’approche difficile, ce qui décourage le lecteur ordinaire; mais de nombreuses nouvelles et essais, dans une veine plus légère, signés diversement Jex, XXX, Oncle Dan, etc., ont connu le succès dans la presse syndicale. Parmi ses derniers essais “History of the Eight-Hour Movement,” “Economics of Anarchy,” et “Philosophy of Trades Unions.”

Ses poèmes sont tous le reflet de sa philosophie, d’un pessimisme sombre et profond — un étrange produit d’études bouddhistes suivies d’une recherche sur Schopenhauer et Von Hartmann. Il considérait la conscience individuelle comme une simple moucheture d’écume sur la crête de la vague du progrès inconscient; et, par conséquent, le bonheur individuel comme une chose indigne de considération comme mesure de l’action, et l’effacement individuel comme idéal de réalisation. Cela apparaît dans plusieurs poèmes intitulés “Nirvana,” “Life and Death,” “Whip-poor-Will,” et autres. Ces idées ont suscité en lui une aversion naturellement forte pour tout ce qui ressemble à la recherche de l’intérêt personnel. Se considérant comme rien et sa cause comme tout, tout son effort consistait à faire le travail et en laisser le mérite à qui le voulait. Cela lui était absolument indifférent; et beaucoup de noms plus connus ont été apposés à des articles sortis de sa plume alors qu’en vérité, les personnes qui ont obtenu le mérite étaient incapables de les écrire.

Tout en haïssant la controverse pour elle-même, il s’y livrait occasionnellement lorsqu’un grand principe était en jeu. Et alors, malheur à son antagoniste! Il entretenait une guérilla, arrivant de partout de manière inattendue, ne se plaint jamais à une méthode de discussion. Pour utiliser un « pennsylvanianisme »: ses adversaires ne savaient jamais “où il était!” Ils découvraient généralement où il avait été environ une semaine après.

Il a passé ses derniers jours à Brooklyn. Son corps sans vie a été découvert dans un hôtel de New York le 6 avril dernier; il est mort dans son sommeil.

Son corps pourrit sous terre; mais son âme, son sens de la justice, sa tendresse, sa générosité, sa force, son audace, son incorruptibilité, vivent ici, plus dynamiques et enthousiasmantes depuis qu’il a vécu.

Traduction R&B


NDT

1. Watson Heston 1846 – 1905 Caricaturiste libre-penseur. Ci dessous, Moïse tuant un égyptien.

2. J’ai trouvé la formulation « les jugements humains [sont] toujours vrais dans ce qu’ils ont d »actuels et d’immédiats » dans Système des contradictions économiques ou philosophiques de la misère » Vol.1
3. Extrait de Liberty John Hay
WHAT man is there so bold that he should say
« Thus, and thus only, would I have the sea »?
4. Il était secrétaire de Samuel Gompers, dirigeant du syndicat American Federation of Labor (AFL),
5. Utah and Its People: Facts and Statistics Bearing on the « Mormon Problem » (1882) et Spiritual Delusions (1873)
6. Voir The Great Trial of the Chicago Anarchists Dyer D. Lum