Diane di Prima

AVT_Diane-Di-Prima_5638

Diane di Prima 1934 –

Poétesse et artiste américaine.A la question « quelle étiquette acceptez-vous? » elle répond « Artiste, peintre, anarchiste » dans une interview donné à SF Gate en 2014
Di Prima sa vécu la fin des années 1950 et le début des années 1960s à Manhattan, où elle a participé au mouvement Beat naissant.
Au début des années 1960, elle a collaboré avec Amiri Baraka (LeRoi Jones) et fondé un mensuel qui publiait ses propres travaux ainsi que ceux de nombreux autres poètes beat comme Jack Kerouac et William S. Burroughs.
A la fin des années 60, elle s’installe définitivement en Californie où elle fréquente notamment les Diggers (d’où la référence au ‘it’s free because it’s yours’ dans le poème ci-dessous)
En plus de ses nombreux ouvrages de poésie (plus d’une quarantaine), Diane di Prima a touché à la photographie, au collage et à la peinture.

Ouvrage traduit en français Mémoires d’une beatnik, Ramsay, 2004

Extraits de Revolutionnary Letters non traduit en français à ma connaissance. Traduire de la poésie est difficile pour un amateur autodidacte. Le texte original apparaît donc après la traduction.

LETTRE REVOLUTIONAIRE #15

Quand vous prenez Columbia, quand vous
prenez Paris, prenez
les médias, dites aux gens ce que vous faites
de le faire, comment ils peuvent aider, continuez à
informer, constamment, vous avez 70 ans
de conditionnement médiatique à combattre, c’est un mur
que vous devez abattre, d’une manière ou d’une autre, pour atteindre
l’être instinctif, qui lutte comme une plante
pour la lumière, l’air
//
quand vous prenez une ville, un campus
mettez la main sur les centrales
électriques, l’eau, les transports,
oubliez de négocier, oubliez comment
négociez, n’attendez pas que De Gaulle ou Kirk
abdiquent, ils ne le feront pas, vous ne
‘manifestez’ pas, vous faites
une guerre, vous battez pour gagner, n’attendez pas que Johnson ou
Humphrey ou Rockefeller acceptent vos conditions,
prenez ce dont vous avez besoin, ‘c’est gratuit
parce que c’est à vous’

REVOLUTIONARY LETTER #15

When you seize Columbia, when you
seize Paris, take
the media, tell the people what you’re doing
what you’re up to and why and how you mean
to do it, how they can help, keep the news
coming, steady, you have 70 years
of media conditioning to combat, it is a wall
the instinctive man, who is struggling like a plant
you must get through, somehow, to reach
for light, for air
//
when you seize a town, a campus, get hold of the power
stations, the water, the transportation,
forget to negotiate, forget how
to negotiate, don’t wait for De Gaulle or Kirk
to abdicate, they won’t, you are not
‘demonstrating’ you are fighting
a war, fight to win, don’t wait for Johnson or
Humphrey or Rockefeller, to agree to your terms
take what you need, ‘it’s free
because it’s yours’

LETTRE REVOLUTIONAIRE #30

(A ceux qui ont vendu la Révolution Eté 68)
Souvenez-vous de porter un chapeau, si vous avez un chapeau
et coincez-y vos cheveux, si ils sont longs
ou pas, mettez des chaussures si il neige et que vous avez des chaussures
souvenez-vous qu’ils achètent tous les leaders, soyez un leader
si vous voulez être acheté, mais souvenez-vous de
dire la vérité, juste avant qu’ils ne vous achètent, dites la vérité
haut et fort, et les jeunes vont vous entendre, ils n’entendront pas votre argent
lorsqu’elle tombe sur le comptoir du magasin de vins et spiritueux jour après jour,
ils n’entendront pas vos rêves cauchemardesques de trahison et de torture
ils n’entendront pas votre mercédes, ils entendront la vérité que vous dites
ils vous croiront et vous honoreront après que vous soyez mort
abattu par cette balle de la CIA que vous ne pouvez pas éviter juste en prenant leur argent
ils vont vous croire et FAIRE CE QUE VOUS DITES
PAS CE QUE VOUS FAITES

REVOLUTIONARY LETTER #30

(To Those Who Sold the Revolution Summer of ’68)
remember to wear a hat, if you have a hat
and stick your hair inside it, if it’s long hair
or don’t, wear shoes if it’s snowing and you have shoes
remember they buy out all the leaders, be a leader
if you want to be bought out, but remember to
tell the truth, just before they buy you, tell the truth
loud, and the kids will hear you, not hear your money
as it falls on the liquorstore counter, day after day
not hear your dreams of nightmare betrayal and torture
not hear your mercedes, they’ll hear the truth you spoke
they’ll believe you and honor you after you die, brought down
by that cia bullet you can’t avoid just by taking their money
they’ll believe you and DO WHAT YOU SAY
NOT WHAT YOU DO

LETTRE REVOLUTIONNAIRE #55

A travers toute l’Amérike
tout ce que je vois et tout ce que je trouve est
l’Amérique Indienne
les formes et les les contours
de Great-Turtle-Island *

* Nom donné à l’Amérique du Nord par plusieurs tribus indiennes, les Iroquois par exemple. Ce nom est réapparu dans les années 1970. Gary Snyder, notamment, a intitulé Turtle Island un livre d’essais et de poème paru en 1974. Dans son livre At Home on the Earth, il écrit que cette appellation synthétise les cultures des indigènes et des colonisateurs.

REVOLUTIONARY LETTER #55

All thru Amerika
all I see & find is
Indian America
the forms & shapes of
Great-Turtle-Island