La poésie comme praxis révolutionnaire : Philip Lamantia…

La poésie comme praxis révolutionnaire : Philip Lamantia & le Mouvement Surréaliste aux États-Unis

Texte original :  « Poetry as Revolutionary Praxis: Philip Lamantia & the Surrealist Movement in the United States » – Franklin Rosemont

La poésie n’est pas la tempête, pas plus que le cyclone.
C’est un fleuve majestueux et fertile.
— Isidore Ducasse

« La rivière la plus profonde fait le moins de bruit. »
— Jean du Vergier de Hauranne

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Le récent décès de notre ami et compagnon surréaliste Philip Lamantia nous rappelle les « difficiles premiers pas » du surréalisme aux États-Unis il y a soixante ans. Plus important encore, il nous rappelle le rôle dynamique, inspiré et stimulant de Lamantia dans le combat actuel et permanent pour la révolution surréaliste — c’est à dire pour la liberté immédiate et la poésie faite par tous.

Au début des années 1940 — peu après son renvoi d’un collège de San Francisco pour « délinquance intellectuelle” — Lamantia, à quinze ans, était la première grande voix du surréalisme aux U.S.A. André Breton, auteur du Manifeste du Surréalisme, qui vivait alors à New York comme réfugié du nazisme, lui avait écrit une lettre le saluant comme “une voix qui ne s’élève qu’une fois tous les cent ans.” Philip Lamantia était indubitablement un des quelques grands poètes de notre temps et un acteur majeur de la résurgence planétaire d’un surréalisme organisé qui commença au milieu des années 1960. Sa merveilleuse et lumineuse poésie est un don libérateur pour tous les indécrottables rêveurs et quêteurs de partout, anticipant splendidement ce qu’il appelait la désaliénation suprême de l’humanité et de son langage.” Et avec sa passion de poète pour la liberté de tous les sens, il a aussi proclamé le rôle crucial de la musique noire en prenant conscience de cette désaliénation. A partir du milieu des années1940, il était un passionné ardent des sonorités magiques de Charlie Parker, Thelonious Monk, John Coltrane et Cecil Taylor, dans l’œuvre desquels il reconnaissait une analogie musicale au « message automatique » du surréalisme.

Lamantia était aussi, et de loin, le poète le plus érudit de sa génération. Sa connaissance de l’Antiquité, de la Renaissance Italienne, des Élisabéthains, des grands romantiques, des premiers surréalistes, de la poésie afro-américaine, et d’une légion de presque inconnus qu’il admirait (Jones Very, par exemple, et Samuel Greenberg) était stupéfiante. Ses contributions inestimables à la théorie et à la critique surréalistes, même si elles n’ont presuqe jamais été mentionnées dans les milieux académiques, sont des lectures indispensables pour quiconque s’intéresse sérieusement au changement social et à la création d’une société réellement libre. Révolutionnaire, anarchiste, à l’opposé d’un littérateur dans sa tour d’ivoire, Lamantia a été, au sens le plus profond du terme, un exemple d’action poétique.

Inévitablement, dans les journaux et sur internet, les compte-rendus de sa vie et de son œuvre ont été superficiels, incompréhensifs, emplis des erreurs et des distorsions journalistiques habituelles. Beaucoup de ces critiques sont en outre embrouillées par des citations erronées de supposées “relations” dont les vues sur à peu près tout différaient fortement de celles du poète. Il ne fait aucun doute que les revues littéraires et les « magazines de vers », que Lamantia méprisait totalement, ajouteront bientôt encore plus d’inepties à la désinformation de masse déjà produite non seulement par la presse quotidienne mais aussi par une pléthore de sites webs prétentieux et de blogs jacassant.

Le but de cet article est simplement de résumer l’histoire, non racontée jusqu’à maintenant, du rôle vital de Lamantia dans l’histoire du mouvement surréaliste aux Etats-Unis et, par la même occasion de corriger au moins quelques-une des erreurs les plus flagrantes qui ont proliféré à son sujet dans la presse et sur internet.

“Mon principal mentor a été André Breton”

Les nécro traditionnelles et des sites web à la pelle ont systématiquement dévalorisé l’engagement de Lamantia dans le surréalisme, non seulement à travers des références stupides à Breton comme le « Pape » surréaliste, mais aussi à travers toutes sortes de fausses informations, d’omissions, de mensonges — en bref, une ignorance presque totale, honteuse du projet révolutionnaire surréaliste. La vérité, cependant, est clair comme le cristal : l’identification de Lamantia avec la cause surréaliste — la triple cause de la poésie, de la liberté et de l’amour — était absolue. Dans sa lettre de 1943 à Breton, publiée dans le journal surréaliste VVV 1, il proclamait son « adhésion formelle au surréalisme » et continuait en déclarant que

« un vrai poète révolutionnaire ne peut éviter de braver tous les instruments sociaux et politiques épouvantables qui été des sources de mort et d’exploitation dans les sociétés capitalistes sur terre. Si il est pour la transformation du monde, comme il devrait l’être, et si il n’est pas stupide, en ce qui concerne la méthode d’approche de ces questions vitales, le poète ne sera pas opposé à l’attitude surréaliste . . .

Se rebeller! Tel est l’objectif immédiat du poète! . . . Le merveilleux poétique et l’“inconscient” sont les vraies sources d’inspiration des rebelles et des poètes! »

Presque quatre décennies plus tard, lorsque l’historien Paul Buhle a interviewé Lamantia avec son vieil ami anarchiste Tony Martocchia 2, le poète a affirmé : “Mon principal mentor a été André Breton.” Meadowlark West comprend ces lignes lumineuses:

The mind is a black hole of beautiful
chance encounters
as with André Breton the André Breton in whom Jacques Vaché is the
seminal gesture
Birth of the revolutionary rose

En effet, même durant les années sombres qu’il a appelé son “éclipse,” son admiration pour Breton était sans borne.

L’engagement de Lamantia dans l’anarchisme a commencé également durant son adolescence et cadre bien avec son surréalisme. (L’anarchisme et le surréalisme fourmillent d’affinités sélectives. Breton lui-même se sentait proche de l’anarchisme et les membres du Groupe Surréaliste de Chicago Surrealist Group étaient tous anarchistes sans exception.) Tony Martocchia avait été auparavant associé avec Errico Malatesta et son groupe et le jeune Lamantia s’y connaissait en anarchisme italien : Cafiero, Malatesta, Berneri et compagnie, et était un lecteur fidèle de L’Adunata dei Refrattari. Plus tard, il a également étudié les courants libertaires du marxisme, notamment Herbert Marcuse et E. P. Thompson. L’anarchisme et le socialisme libertaire restaient essentiels dans ses visions sociales mais le surréalisme était l’essence même de sa vie.

Il considérait la poésie surréaliste comme “la seule évolution fondamentalement nouvelle et originale depuis le commencement de littérature consignée.” En mettant le feu à l’esprit du lecteur et en lui révélant ainsi des vérités cachées, la pratique de la poésie implique rien d’autre que d’atteindre « les principes les plus élevés du langage” — “l’analogie poussée à ses dernières limites” afin qu’elle devienne une “valeur transformative.” Son surréalisme a toujours été fidèle à l’esprit du Manifeste de Breton : démodé, scandaleux, en décalage ouvert avec les gestionnaires du temps. Toute l’œuvre de Lamantia libère et fait progresser le Principe du Plaisir, l’amour fou, le jeu, la liberté, le Merveilleux, et l' »Harmonie Universelle » de Charles Fourier, tout comme en même temps il invite et pousse à la trahison et à la transgression des forces inhumaines, destructrices de la misère et du misérabilisme: corporations écocides, états policiers, faux poètes, apologistes de l’éthique du travail, témoins de l’accusation, les cultes mortifères de l’avidité, les prisons, la blanchitude, la guerre et tout le reste de ce qu’il appelait “la CIA de l’esprit.”

A notre époque difficile, une telle conception exaltée et prométhéenne de la poésie n’est soutenue que par bien peu. En effet, le plus gros de ce qui est considéré aujourd’hui comme de la « poésie » est ce que Lamantia ridiculisait comme “passe-temps bourgeois rétrograde mortellement sentimental” — une simple McPoésie, des “slams belliqueux,” ou autres escroqueries commerciales/concurrentielles financés par l’état ou les entreprises.

Au sujet des « faux poètes », Lamantia à écrit dans le n° 3 de Arsenal : 3

Quand je pense aux nobles découvertes ( et aux recherches nobles) du grand philosophe Hegel quant à la nature de la logique poétique, son unité englobant toutes les directions de la pensée humaine, et que je me souviens des quelques-uns d’entre nous qui avons commencé à pratiquer ce qui équivaut à une restauration collective des pouvoirs de l’unité poétique, et que nous apparaissons historiquement ensemble sur le plan de la “culture” américaine avec tout le monde sur le dos, en nous élevant contre l’ombre monstrueuse de la “nouvelle poésie”et autres obscurantismes des ces étudiants de ces esprits moribonds que les fausses avant-gardes prétendent remplacer, je sais que ce n’est que armé des perspectives vivantes du surréalisme, incarnées par Arsenal, que je suis autorisé à faire des distinctions, à formuler une critique implacable et à invectiver ces crimes aujourd’hui commis contre l’esprit main par des mystificateurs, des fabricants de confusion, et tous nos détracteurs, avec la certitude que mes camarades et moi ne manqueront pas de nous faire entendre par dessus et au delà , en dessous, si nécessaire, le brouhaha actuel des pourvoyeurs répugnants de l’ignorance littéraire et esthétique.

En même temps, les mêmes sources mal informées qui se sont spécialisées dans la dévalorisation et la négation de tout ce que Lamantia aimait le plus au monde, ont également grossièrement exagéré des détails de la vie du poète qu’il considérait lui-même comme sans importance. Il nous a souvent dit — à Pénélope et à moi, à Paul Garon, et à d’autres du Groupe Surréaliste de Chicago —combien il était irrité par le battage médiatique concernant son “influence” sur la soi-disant Beat Generation, un « mouvement » qu’il considérait au mieux comme confus et, à beaucoup d’égards, carrément réactionnaire.

En fait, la verve révolutionnaire de Lamantia, son extraordinaire profondeur intellectuelle, son intégrité sans concession et une modestie constante étaient antithétiques à la « réussite » et à la “mystique beat” dans toutes ses formes. Après la lecture de 1955 à la Six Gallery, il était enclin à éviter la machine à rechercher la publicité de Allen Ginsberg, ne cachait pas son dédain pour la « Nouvelle Poésie Américaine » racoleuse-néo-poundienne et avait refusé ostensiblement de figurer dans le numéro spécial “San Francisco Renaissance” de la Evergreen Review, qui a apporté une grande audience aux Beats. Il était le plus rare des raretés: un poète américain totalement indifférent à la célébrité et à la gloire. De manière significative, lors de la célèbre lecture à la Six, il avait choisi de ne pas lire ses propres poèmes mais uniquement ceux d’un ami, le marin anarchiste et camarade hipster John Hoffman, qui était décédé dernièrement au Mexique. Presque quarante ans plus tard, en 1992 lors d’une conversation téléphonique, il décrivit Hoffman comme “le seul ami vraiment proche que j’ai eu dans ma jeunesse . . . le seul qui était aussi un grand poète.”

Comme sa compagne de longue date Nancy Joyce Peters 4 l’a déclaré dans un article en 1983, la poésie de Lamantia “ne s’est jamais complètement adaptée aux critères Beat,” et, en réalité, était “étrangère aux conventions semis-littéraires et populistes des Beats.” Peters continue en soulignant que, en contraste flagrant avec la foi naïve des Beats envers les « valeurs américaines”, Philip “n’a jamais abandonné l’espoir d’une révolution mondiale d’une grande magnitude.” En tant que surréaliste, cependant, il a naturellement la poésie politique à thèmes.”

Plus récemment, des « autorités » Beat ont dû concéder que la “place” de Lamantia parmi leurs héros était en fait marginale. Dans Portable Beat Reader (1992) de Ann Charters— un ouvrage de 645 pages — elle consacre exactement quatre pages à ses poèmes, tous datant de la moitié des années 1950, c’est à dire de l’époque qu’il appelait son “éclipse.” Une brève note de Charters conclut en reconnaissant que “Lamantia est le seul poète américain de sa génération à adopter totalement les découvertesdu surréalisme et est un éditeur contributeur de Arsenal/Surrealist Subversion.”

Le Merveilleux contre la religion

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En seconde position seulement derrière le mythe ridicule de Lamantia comme “Père fondateur” de la Beat Generation, on trouve le cancan déplorable prétendant son “retour à l’Église” — une accusation doublement erronée puisqu’en réalité il n’avait jamais appartenu à l’Église.

Le surréalisme a toujours été catégoriquement athée et, bien sûr, hostile à la religion organisée et à ses institutions autoritaires. L’ introduction collective au livre The Forecast Is Hot! 5 en 1997 — un texte que Lamantia a lu et approuvé avant sa publication — résume l’approche surréaliste:

C’est aussi en tant que poètes que nous avons développé une critique spécifiquement surréaliste des institutions religieuses et une stratégie pour s’y opposer.

L’expérience fondamentale de la poésie nous permet de reconnaître les religieux comme étant les colonisateurs du Merveilleux : des exploiteurs brutaux dont les fins et les moyens sont explicitement anti-poétiques. Avant l’apparition de l’industrie publicitaire, les églises ont té en réalité l’expression institutionnalisée la plus virulente de la haine envers la poésie. Les systèmes de croyance religieux, un obstacle majeur à l’auto-découverte de soi-même, incarne l’imagination enchaînée.

Dans ce domaine comme dans d’autres, cependant, les surréalistes continuent à persévérer dans une approche ouverte et dialectique. Notre antagonisme résolu envers les puissances religieuses dominantes na jamais diminué notre intérêt compréhensif envers une large variété d’hérésies et d’hétérodoxies hermétiques et gnostiques.

En supprimant toute approche basée sur le rationalisme, la guerre de guérilla du surréalisme contre l’oppression religieuse avance sur un terrain poétique, mettant l’accent sur la liberté du Merveilleux, de l’érotisme et de l’humour solide. Notre but n’est pas de gagner des points dans un débat mais de déraciner des peurs paralysantes, de stimuler des désirs émancipateurs, d’ouvrir les portes de la poésie à tous. La pratique de la poésie n’est pas seulement le meilleur moyen de découvrir le sacré (au sens profane du terme bien sûr), mais aussi un moyen d’empêcher sa réification dans la religion ou dans d’autres formes d’inhibition.

Les histoires bizarres sur la “conversion” de Lamantia nous ramènent à son “éclipse,” et même au-delà. Comme beaucoup d’autres poètes anti-cléricaux avant lui (y compris Blake, Burns, Shelley, Rimbaud et ses propres amis surréalistes), il était extrêmement sensible aux messages énigmatiques des gnostiques, alchimistes et autres aventuriers des domaines de l’hérésie et de l' »occulte ». En outre, depuis sa plus tendre enfance, il avait été plusieurs fois sujet à ce qu’il appelait une “hallucination-extase poétique » et une “vision fiévreuse,” des sensations énigmatiques et hallucinatoires qui plus tard ont été multiplié sensiblement avec l’aide de drogues. Au début des années 1950 sa participation à rites indiens Washo du peyotl, près du lac Tahoe dans la Sierra Nevada, l’a conduit à une expérience « mystique » totale durant laquelle il a senti « une relation extraordinaires aux autres, à tout.” Comme Nancy Joyce Peters l’a décrit, Lamantia a vu

le grand accomplissement des peuples primaires comme la création d’une structure poétique vivante qui tressait les droits de l’individu, de la communauté et du monde naturel dans un tout extraordinairement satisfaisant. Le rituel n’était en aucune manière une façon d’avoir des visions personnelles mais de rendre conscient les participants de la réalité harmonieuse intersubjective. Il a offert une piste à Lamantia pour surmonter les antinomies et réintégrer la vie humaine de telle manière que la poésie et les poètes, au sens littéraire du terme, seraient transcendés totalement.

Quelques années plus tard, accro à l’héroïne, au bout du rouleau, isolé volontairement de tout ce que la civilisation occidentale considérait “normal” et se baladant à travers le Mexique, prêt à essayer à peu près tout, il participa à une cérémonie nocturne du tabac des indiens Cora qui soudainement, à un moment particulièrement intense, confondit son identité avec une étrange variante indienne du catholicisme. Comme Peters l’a noté, ses livres Ekstasis (1959) et Destroyed Works (1962) reflète sa

combinaison hérétique de symboles de transformations traditionnels religieux non-occidentaux . . . [une] tentative de retrouver, à travers les puissances des ténèbres, Eros et le Merveilleux qui ont été rejeté par le rationalisme . . . . Bien que « la révélation, dans la manifestation de la beauté” . . . est son intention, il n’ignore pas le magnétisme démoniaque en plus du céleste . . . . Avec une acuité comparable à celle de Lautréamont dans Chants de Maldoror, Lamantia poursuit encore plus loin un « vol vers la connaissance inconnaissable » dans Destroyed Works. Les poèmes sont frappants par leurs épiphanies manichéennes brutes.

Peters souligne justement la nature furieusement hérétique de ces textes, qui sont, en effet subversifs au regard du dogme catholique. Écrivant en 1970, Lamantia décrit lui-même l’expérience comme « la contradiction la plus étrange de la poésie.” Trop de ses lecteurs, néanmoins, le considèrent à tort comme un fils respectueux quoique excentrique du Vatican et se moque comme le “Philip veut seulement avoir sa dose à l’autel » qui l’a suivi pendant des années. Ce qu’il a mentionné lors de notre première conversation téléphonique (printemps 1973), comme son “fameux catholicisme,” malgré le fait que celui-ci devait plus à la mythologie païenne indienne mexicaine qu’à la théologie de Rome, à induit en erreur de nombreuses personnes et il a commencé à le regretter profondément.

La manière avec laquelle il a rompu, définitivement, le moindre petit lien avec l’église ne manque pas de charme. Comme il l’a expliqué à Paul Buhle en 1982, pendant six ans, il a été à sa propre manière hérétique,

intéressé par une attitude théiste et mystique. Mais l’Europe ma guéri complètement. La-bas, j’ai rencontré des anarchistes espagnols . . . J’ai reçu le message dans les environs de Malaga. Çà te guérit pour toujours de toute sentimentalité envers le christianisme.

Alors, Philip Lamantia, dans les années 1960, est revenu à l’athéisme franc, total, à l’esprit libre de Tony Martocchia et de André Breton, une position fermement maintenue dans tous ses écrits publiés par la suites.

En 1976, après un séjour de trois semaines à l’occasion de la World Surrealist Exhibition à Chicago, il m’a offert en cadeau d’adieu le livre Massacre at Montségur: A History of the Albigensian Crusade, de Zoé Oldenbourg — une chronique érudite poignante du terrorisme de l’Église envers les dissidents, parmi lesquels de nombreux poètes remarquables. Il m’a chaudement recommandé ce livre, me conseillant de le prêter à d’autres, et a ajouté « Pour ceux qui pensent que la tyrannie sanglante de l’Église a été exagérée ou que l’Inquisition n’était finalement pas si mal, ce livre les détrompera.”

On rencontre fréquemment des images blasphématoires, anticléricales dans la poésie de Lamantia. Dans Blood of the Air, par exemple:

Let fly the churches of memory they’re only prisons anyway

Et Meadowlark West:

Crab gore To give capitalism its due
duck-cracker the head of a christian fart
graveyard of sanctimonious filth

Et ici, quelques lignes de Ex Cathedra, d’abord publié dans Arsenal (1989) et réédité dans son dernier ouvrage, Bed of Sphinxes:

To weave garter belts with chaos and snakes,
the nun’s toenail of crimson phallus. . . .
snake oil on a eucharistic tongue
plagues of scripture blown to smithereens
The absolute pulverization of all the churches will be the grace of love’s freedom

Philip décrivait ce poème comme un acte de « revanche » contre les religieuses et les prêtres qu’il avait rencontré durant son enfance.

Lors d’une soirée froide de 1998, Lamantia, sérieusement malades, était accidentellement enfermé en dehors de son appartement. Après avoir erré dans les rues toute la nuit, il fut arrêté et détenu en prison, sans contact extérieur, pendant plusieurs jours. Après cela, il contacta un prêtre du lieu avec une proposition remarquable : un office spécial à minuit au cours duquel lui, Lamantia, avec une robe de cardinal, lirait à voix haute, à pleins poumons, Les Chants de Maldoror. Inutile de dire que la proposition fut refusée et cet acte de pur blasphème surréaliste lamantien est resté insatisfait.

Retour à la surréalité

L’ “éclipse” de vingt ans de Lamantia a commencé alors qu’il était encore adolescent, en 1946, avec l’échec de la première tentative de former un groupe surréaliste aux U.S. A (à New York). Breton et la plupart des autres exilés européens étaient repartis dans leurs pays natals. A de rares exceptions, les rares américains qui avaient fréquenté le groupe partirent vers d’autres -isms plus sûrs et plus lucratifs et avaient fait la paix avec la politique de la Guerre Froide. Lamantia, un déserteur sicilien-américain déprimé d’un lycée de San Francisco, commença une existence nomade marquée par de sévères dépressions, une addiction à l’héroïne, et de longs séjours en prison. Pendant des années, il a volontairement abandonné l’écriture.

Et puis, en 1966 — par coïncidence l’année ou le premier groupe américain surréaliste fut formé à Chicago — Lamantia avait repris la « difficile et excitante » pratique du « pur automatisme psychique » qui, plus tard, l’a conduit à déclaré son « ultime ‘retour’ à la surréalité.” Avec a-propos, ce retour triomphant s’était produit sous le signe de l’amour, puisque Lamantia avait rencontré la peintre/poète Nancy Joyce Peters, qui est devenue sa femme. Ancienne directrice de théâtre, bibliothécaire à la Librairie du Congrès, et chercheuse dans le domaine des mythes égyptiens, Peters elle-même fut bientôt reconnue comme une des meilleures poètes théoricienne et critique du surréalisme américain. C’est à elle que nous devons ce qui est à ce jour la meilleure étude interprétative de la poésie de Lamantia.

Après un long séjour en Espagne et ailleurs en Europe, le couple est revenu aux États-Unis en 1968 —une des grandes années révolutionnaires du vingtième siècle. La décennie entière et les premières années de la suivante ont constitué un moment excitant et revivifiant. Le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) avait formulé l’exigence du Black Power. Les Students for a Democratic Society (SDS) avaient pris l’Université de Columbia et avaient appelé à la révolution mondiale. A travers tout le pays, la résistance à la guerre américaine au Vietnam avait atteint les proportions d’un immense mouvement de masse. En mai, la grève générale et la rébellion de la jeunesse à Paris eut lieu sous le grand slogan, “l’Imagination au Pouvoir!”. Et la région de la Baie de San Francisco, où Lamantia et Peters avaient réaménagé après une année à Seattle, était le foyer du Black Panther Party, le groupe armé d’auto-défense qui, mieux que tout autre, symbolisait le passage de la réforme des « droits civiques » à la révolution mondiale des noirs au milieu des années soixante. Adoptant la devise de Malcolm X, “par tous les moyens nécessaires », les Panthers disposèrent bientôt de groupes locaux actifs à travers les U.S.A.

Ce fut dans cette atmosphère exaltante et prolongé de révolte et de révolution que Philip Lamantia — le “Rimbaud américain,” comme l’a appelé Ted Joans — se redécouvrit surréaliste.

Son réengagement dans le mouvement prit du temps, cependant. Dans son interview de août 1972 avec Yves Le Pellec (publiée dans un numéro sur la “Beat Generation” d’un journal français Entretiens) , il avait parlé avec enthousiasme de la renaissance du mouvement surréaliste aux U.S.A, centrée sur Chicago. Quelques mois plus tard, au début du printemps de 73, Lamantia s’est officiellement identifié à notre groupe , via un appel téléphonique à l’improviste, dans lequel il déclarait son « accord sans équivoque » et sa « complète solidarité » avec nous. Il est devenu immédiatement un des militants extérieurs à la ville les plus actifs du groupe surréaliste, et l’un de ses correspondants les plus imaginatif et prolifique. Pendant trente ans, nous avons travaillé ensemble étroitement en parfaite harmonie.

Le second numéro du journal Arsenal/Surrealist Subversion (1973) présentait une série de ses derniers poèmes, précédée d’une déclaration sur la poésie surréaliste intitulée Between the Gulfs. Sous le sous-titre By Elective Affinities, Then and Now, il résumait sa trajectoire surréaliste :

Ayant initialement trouvé la clé (l’ouverture de la route, 1943–1946) ayant perdu la clé (la fermeture de la route, 1946–1966) et ayant retrouvé la clé depuis (la réouverture de la route en 1967): ma solidarité avec le mouvement surréaliste, représenté en ce temps et lieu par Arsenal, se réinvente sans la moindre ambiguïté.

Les années 1970 et 80 se révélèrent être une période exceptionnellement fructueuse pour Lamantia — une époque d’étroite collaboration avec des amis surréalistes proches ou lointains, sur des sujets poétiques théoriques et politique, comme en témoigne les nombreuses publications et tracts collectifs, ainsi que des jeux surréalistes, des interventions en public et l’organisation d’expositions.

En 1974, il a coédité (avec Nancy Peters, Pénélope Rosemont et moi-même) une partie consacrée au “Mouvement Surréaliste aux U.S.A” de la City Lights Anthology de Lawrence Ferlinghetti — un gros ouvrage qui a introduit le surréalisme américain à un large lectorat international pour la première fois. Était inclus dans cette partie de 52 pages consacré au surréalisme ce splendide article, “The Crime of Poetry,” au sujet des implications considérables des activités poétiques surréalistes.

En 1976, il n’a pas seulement aidé à préparer la gigantesque World Surrealist Exhibition à la Galerie Black Swan à Chicago, mais il a aussi activement participé à l’installation et contribué à son catalogue grand-format — une anthologie majeure du surréalisme international: Marvelous Freedom/Vigilance of Desire. Son poème commémorant l’exposition The Curtain of Magic Turns Over Motors of Sleep, a été publié plus tard dans son livre Becoming Visible.

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L’exposition de 1976, qui a amené une foule d’amis surréalistes venus d’Australie, de France, d’ Indonésie, du Japon, du Portugal, d’Espagne et de toutes les régions des États-Unis, s’est avérée être le plus grand rendez-vous surréaliste international depuis des années. Il fut vraiment un « moment enchanteur,” comme Nancy Peters l’a rappelé récemment. Pendant trois semaines entières, Philip et Nancy furent nos invités et compagnons permanents. Les discussions que nous avons eu et les jeux que nous avons fait — à notre domicile de Janssen Street, à la galerie Black Swan, et dans différents restaurants du quartier — étaient beaux, variés et duraient des heures.

Philip était enchanté que les groupe Surréaliste ses réunions régulières dans un restaurant ouvrier italien, le Café Roma, à quelques blocks de notre appartement. (Plus tard seulement, nous avons appris que le grand artiste outsider Henry Darger 7 y avait pris ses petits déjeuners pendant des années.)

Durant son séjour à Chicago, Lamantia a contribué par des textes au programme de Danse Surréaliste de Alice Farley, et au catalogue d’un importante rétrospective consacrée à Gerome Kamrowski.

Les années 1970/80 virent aussi la publication de quatre nouveaux ouvrages splendides de la poésie de Lamantia —The Blood of the Air (1970), Touch of the Marvelous (1974), Becoming Visible (1981), et Meadowlark West (1986). Chacun d’entre eux représentait un événement pour nous tous, et stimulait des discussions passionnées. Meadowlark West a joué un rôle particulièrement important dans la vie du groupe, hâtant le développement d’une « écologie du Merveilleux » spécifiquement surréaliste. (Pénélope et moi partagions entièrement la passion de Philip et Nancy pour les oiseaux, leurs coutumes et leur « langage »). Ce fut Philip, en outre, qui attira le premier notre attention sur le mouvement Earth First! ,dans lequel le groupe surréaliste de Chicago dans son entier devint bientôt actif.

Les critiques qui restaient obsédées par le passé n’y prêtaient guère d’ attention, mais nous avions là un exemple unique de San Francisco Renaissance dans toute sa splendeur. Ses réalisations non les moindres de cette période furent son travail critique et théorique brillant et percutant. Comme il me l’a écrit le 30 mai 1973: “Ma confiance dans les grandes possibilités à venir continue à déclencher ce qui sera réalisé, je l’espère, comme un épanouissement intense et surprenant sur un plan essentiel ». Deux ans après, il devint un éditeur associé au journal Arsenal/Surrealist Subversion. Avec ses dernières collaborations sur le surréalisme – The Octopus-Typewriter (un journal d’un seul numéro du Groupe Surréaliste de Chicago), les deux numéros sur le surréalisme du journal de Paul Buhle Cultural Correspondence (1979 et 81), et la volumineuse compilation de City Lights, Free Spirits: Annals of the Insurgent Imagination (1982), ces publications englobent ses écrits critiques/théoriques/polémiques les plus importants.

Le passage du temps n’a pas foncièrement fait vieillir ces textes. En réalité, les articles de Lamantia plein d’acuité continueront à aider à définir l’orientation et les activités du mouvement surréaliste pendant de nombreuses années encore. Poetic Matters (dans Arsenal n°3, 1976) reste la critique la plus incisive de ce qui passe de manière regrettable pour la poésie « officielle » aux U.S.A aujourd’hui. Et son Radio Voices: A Child’s Bed of Sirens (1979), qui se penche sur les sous-courants poétiques subversifs dans The Shadow, Chandu, Mandrake the Magician, et autres feuilletons radiophoniques des années 1930/40, a ouvert de nouvelles approches enthousiasmantes dans le monde de la “culture populaire.” Comme l’a remarqué l’historien d’art Michael Stone-Richards, cet intérêt spécifique pour ce que nous avons commencé à appeler il y a longtemps “le surréalisme vernaculaire” et le domaine apparenté de “l’infra-politique,” est en fait une des innovations les plus distinctives de “ l’idée Chicago” du surréalisme.

En parlant d’innovations, je veux souligner le fait que Philip Lamantia était un des individus le plus original, à l’esprit le plus ouvert et le moins dogmatique que j’ai eu le plaisir de connaître. A soixante-dix ans, il me semblait plus jeunes, plus attentif au « frissons de nouveautés » du milieu intellectuel que la plupart des gens moitié moins âgés que lui. Durant les trente années où je l’ai connu, il était réceptif — en réalité, enthousiaste — envers tout ce qui était nouveau et original dans le surréalisme américain de notre époque, y compris la poésie de Jayne Cortez et Joseph Jablonski; les écrits de Paul Garon sur la poésie du blues; la danse de Alice Farley; les sculptures de Robert Green; les peintures de Schlechter Duvall, E. F. Granell, Leonora Carrington et Pénélope Rosemont; l’irruption soudaine de l’écriture automatique de Tristan Meinecke (un artiste plus vieux de Chicago qui avait rejoint notre groupe); les photographies de Clarence John Laughlin; et les merveilleux moulins à vent de Gerome Kamrowski. Lorsque Pénélope était en train de terminer son anthologie Surrealist Women, Lamantia lui a fourni de nombreuses indications. Il adorait le jeu surréaliste de Chicago, Time-Travelers’ Potlatch, et a été le premier d’entre nous à en inclure des exemples dans un ouvrage (Becoming Visible). Il était profondément impressionné par notre collaboration au journal Race Traitor, et heureux d’y être mentionné dans ses pages. Et dans ses dernières années, il a apprécié les travail des plus jeunes poètes et artistes: Je pense notamment à Ronnie Burk et Laura Corsiglia.

Plus récemment, Nancy Peters m’a dit que Philip “avait réellement apprécié » mon étude sur Wrong Numbers, et « l’avait trouvé plus intéressant que n’importe quel livre qu’il avait lu depuis des années.”
Dans des contextes nombreux et variés, Lamantia s’efforçait de souligner une vérité simple ignoréé par presque tous les critiques: que le surréalisme n’est jamais statique – qu’il vit, bouge et attend toujours des découvertes.

Les dernières années

Les années 1990, hélas, se révélèrent être une décennie exceptionnellement difficile. La maladie, une série d’opération d’un cancer, suivie de difficultés liées à la médication, un climat politique de plus en plus déprimant, et ce qu’il appelait « tous les problèmes habituels du vieillissement » ont fait leur œuvre. Sa faculté à écrire des lettres s’est ralentie et il a abandonné plus tard ce mode de communication excepté pour une carte postale de temps en temps. Néanmoins, ce que nous appelions nos « conversations téléphoniques marathon ” — « marathon”pas seulement à cause de leur durée mais aussi en raison du nombre de sujets que nous abordions — ont continué bien après la moitié de la décennie et ces appels étaient invariablement emplis d’idées, de surprises, de fragment dépariés d’informations, de poésie, et d’humour. Une fois, nous avons parlé pendant quatre ou cinq heures de Paschal Beverly Randolph, l’astrologue et « l’alchimiste tendre » afro-américain du dix neuvième siècle dont il m’était arrivé de lire les ouvrages à une époque. Une autre fois, Philip m’a lu une lettre d’un universitaire pompeux, demandant qu’il « soumette » un poème pour une quelconque anthologie mal conçue; il m’a aussi lu sa réponse hilarante qui commençait par: “Je ne soumettrai pas. Les poètes ne se soumettent jamais!”

Bien que sa mauvaise santé avait diminué son engagement actif dans les activités du Groupe Surréaliste, il continuait à faire des suggestions, à co-écrire ou cosigner des déclarations collectives, plus spécialement l’une d’elle For Tyree Guyton  (le célèbre artiste afro-américain de Detroit dont les maisons colorées et superbement embellies étaient systématiquement détruites par un conseil municipal hostile), et une vigoureuse dénonciation du cinq centième anniversaire de Christophe Colomb, 1492–1992: As Long as Tourists Replace Seers, qu’il avait aidé à publier avec Nancy et qui avait été signé aussi par des groupes surréalistes en Argentine, Australie, Brésil, République Tchèque, France, Espagne et Suède.

En 1997, City Lights a publié sa grande œuvre, Bed of Sphinxes: New and Selected Poems, 1943–1993. De loin son plus grand recueil, empli d’émerveillement magiques et émouvants :

from that dawn and night on the Nile
space
where all ends in a beginning
. . .
an unpremeditated pentacle of erotic song.
[“Passionate Ornithology Is Another Kind of Yoga”]

En vérité, comme Ron Sakolsky l’a souligné dans l’introduction de son Surrealist Subversions: Rants, Writings and Images by the Surrealist Movement in the United States (2002), Philip Lamantia doit être considéré comme une des figures centrales du surréalisme américain, un de ceux « qui sont restés le plus longtemps avec [le groupe], qui ont fait le plus pour élaborer ses perspectives d’évolution, [et qui] ont offert au surréalisme aux Etats-Unis sa plus grande résonance sociale.”

Philip Lamantia a toujours voulu que ses poèmes déclenchent la poésie chez les autres. Il est bon de savoir que, à travers ses livres et ses écrits épars, il est toujours là à déranger, à « repenser ‘l’Idée’ dans la commune des Anarchs,” “au préliminaire de la liberté,” “où le vide dilate le coeur sensuel du printemps surréaliste ,”pour citer Meadowlark West.

Dans notre exemplaire de cet ouvrage, il avait ajouté ces mots: “Rendez-vous au port d’escale. Amour et poésie à jamais. Salud!”

Avril 2005

Principal Sources

En plus des livres et articles de Lamantia cités dans le texte, j’ai puisé dans les document suivants:

Buhle, Paul. “Interview with Martocchia and Lamantia,” 31 Octobre 1982, dans the Oral History of the American Left , Tamiment Library, New York University; retranscription.

Peters, Nancy. “Philip Lamantia,” dans Ann Charters, ed., The Beats: Literary Bohemians in Postwar America, Dictionary of American Biography, Vol. 16. Detroit: Gale Research/Bruccoli Clark, 1983, 329–335.
Roediger, David. Surrealism, dans Mari Jo Buhle, et al., Encyclopedia of the American Left. Seconde édition. New York: Oxford, 1998, 807–809.

Rosemont, Franklin. What Is Surrealism? Selected Writings of André Breton. New York: Monad Press, 1978; nouvelle édition, Pathfinder Press, 2000.
—. Surrealist, Anarchist, Afrocentrist: Philip Lamantia Before and After the ‘Beat Generation,’ dans Jennifer Guglielmo et Salvatore Salerno, eds., Are Italians White? How Race Is Made in America. New York: Routledge, 2003, 124–143.
—, Avec Pénélope Rosemont et Paul Garon, eds. The Forecast Is Hot! Tracts & Other Collective Declarations of the Surrealist Movement in the United States, 1966–1976. Chicago: Black Swan Press, 1997.
Sakolsky, Ron, ed. Surrealist Subversions: Rants, Writings & Images by the Surrealist Movement in the United States. New York: Autonomedia, 2002.

NDT

1. VVV. Revue surréaliste publiée (4 n°) à New York de 1942 à 1944, éditée par David Hare en collaboration avec Marcel Duchamp, André Breton, and Max Ernst. Le comité de rédaction comprenait entre autres Aimé Césaire et Philip Lamantia.

2. Martocchia, Antinio. 1903 – ? a émigré aux USA en 1920 a combattu en Espagne dans la Brigade Abraham Lincoln

3. Arsenal/Surrealist Subversion est une revue surréaliste qui a été publiée de manière sporadique par Franklin Rosemont. Quatre numéros son parus entre 1970 et 1989. On peut lire en ligne un article de Franklin Rosemont Herbert Marcuse and Surrealism paru dans le n° 4

4. Nancy Joyce Peters (1936 – ) Éditrice, écrivaine, poète et copropriétaire avec Lawrence Ferlinghetti de la City Lights Book à San Francisco depuis 1984. Elle s’est mariée avec Philip Lamantia en 1978,

5. Voir The Forecast Is Hot! Tracts & Other Collective Declarations Of The Surrealist Movement In The United States 1966-1976

6. Voir par exemple The World Surrealist Exhibition Toward the « Order of Sensuousness » Pat Halley Fifth Estate # 273, Juin 1976

7. Henry Joseph Darger, Jr., 1892 – 1973 Écrivain et peintre américain. The Story of the Vivian Girls, in What is known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinnian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion, sa principale oeuvre compte 15 143 pages où il mélange textes, aquarelle, dessins et collages.

Quelques documents en ligne de ou sur Philip Lamantia

The glade of theoric ornithic hermetica Un site avec quelques pages dédiées à Philip Lamantia

Philip Lamantia: Last Interview Garrett Caples

Shaman of the Surreal by Thomas Rain Crowe Interview with Philip Lamantia

Philip Lamantia and Andre Breton — Garrett Caples

Garrett Caples on Philip Lamantia

Ouvrage traduit en français

Révélations d’un jeune surréaliste : Poèmes choisis 1943-1966, éditions Jacques Brémond; 1996