1965 – 2011

1965

Le site de Notre-Dames-des-Landes est retenu pour remplacer l’aéroport de Château-Bougon (aujourd’hui Nantes-Atlantique)

1970

Le Comité interministériel d’aménagement du territoire approuve cette décision.

1972

Création de l’Adeca, l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport.

1974

Création d’une Zone d’Aménagement Différé (ZAD) de 1.225 hectares sur le site de Notre-Dame-des-Landes avec droit de préemption des terres agricoles du Conseil général. Le projet reste en sommeil durant 24 ans.

2000

Jean-Marc Ayrault, maire socialiste de Nantes, ressuscite le projet. Création de l’Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport – ACIPA

2003

Septembre : Création de la coordination des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, créée par 14 associations opposées au projet d’aéroport
En 2016, plus de 50 associations, groupes et mouvements politiques l’ont rejoint.

2006

Ouverture de l’enquête d’utilité publique. Un avis favorable est publié l’année suivante.

2007

Avis favorable donnée à l’enquête d’utilité publique

Août : premier squat d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes à la ferme du Rosier. Elle sera détruite en novembre 2012.

2008

Parution du décret d’utilité publique de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au Journal officiel.

1er mai Appel occupation des habitant-e-s qui résistent :

L’aéroport de Nantes, c’est NON.

Le monde s’enfonce dans une crise climatique angoissante, mais la classe politique continue de parler une langue morte. Les gens qui défendent le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pensent l’avenir avec les mots d’un passé qui ne reviendra pas. Ils sont les héritiers de ceux qui attendaient l’armée allemande derrière la ligne Maginot, et qui se trouvèrent débordés en une nuit de mai 1940 par les blindés du général Gudérian. Comme eux ils se trompent d’époque.

Nous pourrions rire, si ce n’était aussi grave, du discours des promoteurs du nouvel aéroport. Comme la Toinette du Malade imaginaire, qui répond « le poumon » à toutes les questions posées sur la santé d’Argan, ils répètent, hébétés par eux-mêmes : la croissance, la croissance, la croissance.

Ils ne savent pas. parce qu’ils ne le sauront jamais, que notre planète atteint déjà ses limites physiques dans des domaines vitaux. Le transport en fait partie. Dans un monde fini, ceux qui poussent encore à la destruction des espaces et des espèces sont de redoutables aveugles.

La question de l’aéroport n’est pas de droite ou de gauche. Elle est une affaire humaine. et pour cette raison nous nous en emparons. Ailleurs dans le monde, comme autour de l’aéroport londonien d’Heathrow, les mêmes que nous ont décidé d’agir : nous sommes l’espoir en mouvement. quand ils n’incarnent que le renoncement.

Tous : le maire-de Nantes Jean-Mare Ayrault comme le premier ministre actuel François Fillon. Le pouvoir ne cesse de nous rabâcher que nous vivons bien au-dessus de nos moyens. que nous avons mangé notre pain blanc. Avoir un hôpital de. proximité serait devenu un luxe intolérable : on en supprimera donc 250. Redon, Chateaubriant, Ancenis font partie de la liste ; mais un aéroport pour aller rejoindre les plages méditerranéennes, est une inéluctable nécessité, un intérêt public.

L’économie marche sur la tête. Il est grand temps que les hommes reprennent en main leur destin.

Nous savons que ce combat, commencé il y a 35 ans, sera encore long et difficile. Et c’est pour cette raison que nous lançons ce 1er mai 2008 un appel à toute la France, à toute l’Europe. Il faut soutenir le mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avec toutes les forces disponibles. Et par des moyens rarement utilisés à l’échelle que nous l’envisageons : l’occupation du territoire, la désobéissance civile, le refus complet et définitif.

Le compromis n’est pas possible, car ce : combat qui continue, et qui concerne chacun, est entre une vie possible et un cauchemar certain. Nous vaincrons, non parce que nous sommes les plus forts, mais parce qu’il n’y a pas d’autre solution.

Nous appelons donc, partir du pique-nique contre l’aéroport du 29 juin, à établir des campements d’occupation sur les terrains que se sont injustement appropriés les promoteurs de ce projet aberrant. et mortifère.

Des habitants qui résistent, le 1er mai 2008.

2009

03 au 9 août Camp Action Climat

Le Camp Action Climat à Notre Dame des Landes, sur le site du projet de construction d’un nouvel aéroport pharaonique, à Notre-Dame des Landes, près de Nantes. Il a pour objectif d’empêcher la construction de cet aéroport et permettre la convergence d’éco-activistes afin d’organiser ensemble un bloc commun lors des protestations qui entoureront la conférence de l’ONU sur le traité climatique qui débutera à Copenhague en décembre 2009. Il s’inspire notamment des Camps Climat anglais, et de ceux qui se tiennent un peu partout dans le monde cette année. Le camp est organisé par un collectif d’individus, qui constatent que la crise climatique n’est pas seulement un problème environnemental de plus, mais qu’elle doit être lue comme la faille de l’ensemble du système dans lequel nous vivons.

Le camp climat est l’occasion d’agir directement pour opérer une transition juste vers une société équitable, soutenable, indépendante par rapport aux énergies fossiles et neutre en terme d’émissions de CO². Le camp climat est l’occasion de faire progresser les pratiques d’autogestion, les modes d’action directe et les alternatives écologiques en apprenant ensemble, en pratiquant l’échange de savoirs et en mettant en place de nouvelles formes d’actions médiatiques et de résistances.

Chaque Camp Climat est organisé horizontalement par quiconque souhaite s’investir. Il a une empreinte écologique minimum, et développe quatre thématiques principales :
> la résistance aux pires « crimes climatiques » par l’action directe créative et non-violente : faire le siège d’installations productrices d’importantes émissions de carbone.
> le développement d’alternatives concrètes pour un mode de vie soutenable ici et maintenant par l’adoption de modes de vie décroissants, avec recyclage de l’eau et des déchets, bouffe végane, énergies éoliennes et solaires.
> l’éducation, à travers un large éventail d’ateliers et de discussions sur l’éco-activisme en établissant des liens étroits entre les questions de la pauvreté mondiale et celles de la crise climatique.
> la construction d’un large mouvement international pour une justice climatique.

Les habitant-e-s du Rosier viennent parler de leur situation, quelques personnes du coin lancent un appel à venir occuper friches et maisons vides.

A la fin du camp climat une équipe décide de rester : une semaine plus tard une nouvelle maison, La Gaieté, est ouverte.

Septembre : Après le camp Action Climat sur la ZAD, un appel a été lancé pour occuper les maisons abandonnées et les zones menacées de la ZAD avec le soutien des locaux résistant à l’aéroport.

 

Octobre : Le terrain des Planchettes commence doucement à être occupé : un premier chantier pour faire une «cabane des résistances» qui deviendra un lieu d’information et de réunions, puis un autre pour une habitation.

La Gaîté puis la Sècherie sont occupées peu après.

2010

1er au 6 mars Tracto-Vélo un tour de la Région des Pays de la Loire en tracteurs et vélos. Voir le blog de la tracto-vélo contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des Landes

mai  Le grand mois des occupations : six nouveaux lieux sont repris, des maisons mais aussi des terrains occupés avec caravanes et yourtes. Le Tertre, une petite maison, est sabotée par la DGAC (aviation civile) : toit percé, cadres de portes et de fenêtres retirés. En une journée elle est remise en état et habitée. Une fois les ancien-ne-s habitant-e-s parti-e-s,

La maison des Planchettes est transformée en lieu d’accueil, avec une cuisine, une friperie, un dortoir. C’est aussi là que se trouve notre supermarché : l’endroit ou sont déposés les récups de bouffe, les surplus des jardins ou les cadeaux pour que chacun-e vienne se servir.

En début d’été 2010, deux nouvelles maisons sont occupées

15 juillet un huissier passe dans cinq habitations et donne une sommation à déguerpir avant le 30 sous peine de procédure d’expulsion

Première assemblée générale dans le bourg de NDDL. L’AG rassemble 80 personnes des bourgs, de Nantes et de campagnes plus éloignées. Décision prise d’une AG tous les 15 jours et de la création de groupes locaux de soutien.

Août Occupation d’un nouveau lieu et construction de cabanes dans les arbres pour mieux résister en cas d’expulsion

19 août Vélorution contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

11 décembre : Nouvel appel à occupation de la zone du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

2011

Création de COPAIn 44, Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport – Confédération Paysanne, GAB, CIVAM, Terroirs44, Accueil Paysan, Manger Bio44 – en solidarité avec les paysans « irréductibles », mais aussi pour des raisons globales et sociétales. D’autres COPAIns sont nés depuis dans des départements proches

La concession du futur aéroport nantais est attribuée au groupe Vinci pour une durée de 55 ans. Le coût du projet est chiffré à 556 millions d’euros.

14 au 20 février Des forages sont réalisés sur le tracé du barreau routier projeté pour desservir l’aéroport, sous protection policière

28 avril Les bureaux de Biotope, entreprise d’études écologiques située à Rezé et chargée de répertorier les espèces animales et végétales du site, sont occupés par une cinquantaine de personnes ont, pendant quelques minutes, été envahis par une cinquantaine de personnes.

7 mai. Première occupation massive sur la zone concernée par l’aéroport A l’appel du réseau Reclaim the Fields et des occupant-e-s de la ZAD, un millier de personnes occupent et défrichent un terrain pour y installer un projet de maraîchage collectif. Récit de la manif’-occupation du 7 mai contre l’aéroport

 

24 juin Des huissiers, entourés d’un important dispositif policier, sillonnent la ZAD pour relever les identités des occupant-es de 13 lieux et faire un constat de l’occupation, démarche qui ouvre les processus administratifs pour se doter des moyens légaux d’expulsion.

Juillet AGO lance la procédure pour les permis de démolition

11 juillet – fin du mois (au moins !) Mise en place d’un village autogéré à Notre-Dame-des-Landes sur la base d’un « appel à convergence des luttes anticapitalistes » à l’occasion de l’organisation en France du G8 et du G20.

L’appel du réseau NOG2011 :

 

Pourquoi cette mobilisation ?

La nocivité du capitalisme n’est plus à démontrer. Après des décennies d’analyses politiques et de débats interminables nous savons combien ses effets sont violents, autant à l’égard des peuples que de leur environnement. Les « élites » économiques et politiques se sont arrangées pour instaurer et maintenir un système servant leurs intérêts. La machine est rodée. Elle se renforce et nous ressentons toujours plus la rage et le besoin de nous insurger contre ce monde qui ne nous correspond pas.

Notre lutte contre le capitalisme n’en est pas à ses débuts. Au delà des actions locales et individuelles, ce combat a souvent pris la forme de nombreux rassemblements et campements internationaux contre le G8 et le G20. En parallèle de ces contre-sommets, partout en Europe la pratique des campements thématiques s’est développée : les camps No Border, les Camps Action Climat et aujourd’hui les campements de résistance. Le constat tiré des contre-sommets nous a montré que la pression du temps et la répression nous gênaient dans la réalisation de nos objectifs. Depuis quelques temps, la volonté de sortir des schémas de luttes classiques émerge. Il nous faut utiliser des temporalités et des lieux différents que ceux décidés et utilisés par les gouvernements lors des contre-sommets. Nous souhaitons, surtout, sortir de la simple critique et nous concentrer sur la convergence internationale, l’échange et le partage de pratiques pour la solidification de nos réseaux. C’est pour toutes ces raisons, et après un bilan critique des mobilisations passées, que les participant.es aux réunions de préparation des contre-sommets des G8 et G20 (Dijon, novembre 2010 et Paris, février et avril 2011), réuni.es dans un collectif informel, NoG2011, ont voulu changer les modes d’organisation et faire naître un projet qui soit quelque peu différent des contre-sommets ou des camps habituels. Le premier temps de cette mobilisation, celui des actions décentralisées contre le G8, s’est déroulé les 26 et 27 mai 2011. Dans près d’une trentaine de villes et 6 pays différents, des actions ont exprimé notre refus de ce monde qu’ils prétendent nous imposer.

Le village autogéré, sur la ZAD, à partir du 11 juillet 2011

Y’a la construction d’un aéroport à empêcher peut-être ? Ou pourquoi nous souhaitons lier la mobilisation internationale contre les G8/G20 en France à la lutte en cours à sur la ZAD

La Zone A Défendre (ZAD)

Au nord de Nantes existe depuis 40 ans le projet de détruire 2000ha de bocages pour construire un 2e aéroport parfaitement inutile. L’objectif à terme est de bétonner toute la région, pour le plus grand profit des industriels ! Depuis le Camp Action Climat de 2009 un appel à occuper la zone a été lancé : de plus en plus nombreuses sont les personnes ayant répondu à cet appel et ont rejoint la lutte locale.

Le village doit pour nous être un moment de lien entre cette lutte locale et la lutte plus globale contre le capitalisme. A nous d’enrichir cette lutte, d’apprendre et d’échanger avec celleux qui la mènent. Au delà de l’expérience autogestionnaire, du vivre ensemble sans dieu ni maîtres, nous espérons contribuer à développer les infrastructures locales et inciter les personnes qui le souhaitent à y rester investies.

Par ailleurs ce village se veut aussi un « entre sommets ». Réaliser des actions décentralisées nous paraît important, pour autant pour en tirer des expériences nous avons besoin d’un temps collectif d’analyse de ce qui aura été entrepris. Le village permet ce temps de partage ainsi que la préparation collective de la mobilisation contre le G20 en novembre. En se dégageant de la nasse policière le village doit se donner de l’air ! En prenant du temps en plus on multiplie les possibilités d’ateliers, débats, échanges pratiques et théoriques. Par ailleurs en prenant le temps de se rencontrer, de construire des liens ensemble, on prépare aussi des mobilisations futures plus efficaces ! Enfin ce village sera un espace ouvert et festif, ou seront proposées concerts, espaces jeux et enfants et bien sur cuisines collectives à prix libre et bars.

De nouvelles installations d’activistes ont lieu au sein de la ZAD.

6 au 12 novembre  Tracto-Vélo de Notre-Dame-des-Landes à Paris. Voir Tracto-vélo Notre-Dame-des-Landes – Paris contre le projet d’aéroport

 

2012

février 2012 Lancement de Radio Klaxon, « La radio pirate faite par des pirates qui n’ont jamais fait de radio », qui squatte les ondes de Vinci autoroute, sur 107.7 ou, pour tout le monde en streaming

22, 23 mars Présence policière massive sur la ZAD. Harcèlement ininterrompu des squatteurs-euses

24 mars Manifestation à Nantes. Plus d’une centaine de tracteurs. Un impressionnant dispositif policier (Le premier à Nantes mais nous en verrons d’autres) :1500 policiers, des véhicules anti-émeutes (lanceurs d’eau), des dizaines de cars de CRS, de gendarmes mobiles, la sinistre BAC… Voir compte rendu et photos Manifestation du 24 Mars à Nantes : guerre au pouvoir ! Indymedia Nantes

11 Avril. Début de la grève de la faim de Marcel Thébault et Michel Tarin

8 mai Les grévistes de la faim mettent un terme à leur action avec l’assurance qu’aucune expulsion d’agriculteurs et d’habitants, implantés dans la zone de DUP, n’interviendrait, tant que les recours ou pourvois n’auront été épuisés.

21 juin Rassemblement à Notre Dame des Landes pour demander le report au mois de septembre de 5 nouvelles enquêtes publiques, dont celle très importante concernant la Loi sur au l’Eau. La date a été fixée en pleine période de vacances, du 21 juin au 23 juillet

7 au 11 juillet 2ème Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés qui s’est tenu à La Paquelais-Vigneux de Bretagne. Déclaration de clôture du 2ème Forum contre les Grands Projets Inutiles et Imposés

13 septembre Un groupe de 25 opposants au projet d’aéroport parti de Notre Dame des Landes avec un tracteur et des moutons s’installe à Paris au Champ de Mars

 

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