De Fergusson à Oakland

De Fergusson à Oakland 17 jours d’émeutes et de révolte dans la région de la Baie

Traduction de l’article From Ferguson to Oakland 17 Days of Riots and Revolt in the Bay Area

Une vaste révolte s’étend à travers la région de la Baie. Elle fait partie du mouvement national en plein essor déclenché par l’insurrection à Ferguson suite à l’exécution par la police de Michael Brown, et en même temps, elle est la continuation de luttes locales remontant au moins aux émeutes de Oscar Grant en 2009 à Oakland.1 Ceux d’entre nous qui avons participé aux manifestations dans la Baie depuis les deux dernières semaines souhaitons communiquer au reste du monde ce qui se passe ici. Notre intention n’est pas de nous vanter ou de nommer Oakland capitale américaine des émeutes. Au contraire, il est nécessaire d’informer sur la nature sans précédent de ces manifestations précisément parce qu’il semble tout à coup davantage possible que jamais auparavant que la révolte contre la suprématie blanche et la police s’étende au-delà des cercles habituels de la contestation.

Afin d’illustrer l’ampleur de ce qui s’est déroulé depuis qu’un grand jury a annoncé qu’il n’inculperait pas Darren Wilson pour le meurtre de Michael Brown, nous devons être clair sur un point: nous ne pouvons pas dénombrer le nombre d’autoroutes bloquées, de magasins pillés, de carrefours témoins de féroces affrontements avec la police. Tout cela s’est passé chaque nuit depuis plus de deux semaines. Près de 600 personnes ont été arrêtées. La plupart des quartiers d’affaires de l’Est de la Baie sont en état de siège. Il est devenu routinier d’entendre les hélicoptères de la police et des médias traquer les dernières émeutes de la nuit. Les forces de police militarisées, venues de toute la Californie du nord sont maintenant déployées régulièrement dans nos rues Oakland, Berkeley, San Francisco et Emeryville ont été les témoins d’émeutes et de pillages.

Beaucoup d’entre nous avons participé à différents mouvements et de révoltes de petite ampleur à Oakland et dans la région de la Baie depuis ces dix dernières années ou plus. Mais aujourd’hui, c’est différent. Bien que le nombre de ceux qui descendent dans la rue la nuit n’est pas très élevé — entre 500 et 1500 en moyenne, généralement— la constance et le niveau d’intensité que de cette vague insurrectionnelle a déclenché dépasse ce qui a été vu ici depuis des décennies. Tout cela se passe hors du contrôle de toute organisation et de toute clique politique. A ce stade, il n’y presque pas d’appels précis pour des manifestations ou des rassemblements: des groupes de voisins, d’étudiants et de militants se réunissent chaque soir de leur propre initiative. Une alliance informelle de graffeurs, de groupes d’amis, principalement des jeunes noirs et chicanos, et des anarchistes de diverses tendances et milieux, s’est formée pour créer les branches les plus dynamiques et combatives au sein du soulèvement. On écoute ceux qui se présentent avec des suggestions pour savoir où l’énergie de la foule pourrait être le mieux utilisée et leurs propositions sont parfois retenues. Ceux qui essaient de calmer ou de contrôler la situation sont ignorés et souvent attaqués si ils essaient d’empêcher les actions des autres.

La première vague d’émeutes, de marches et de blocages 2 à Oakland durant la semaine du 24 novembre n’était que le début. Il s’ensuivit de nombreux blocages sur les autoroutes 880 et 980 3, de nombreux die-ins bloquant les rues et la fermeture de la station du BART de Oakland Ouest 4 —et puis commencèrent les émeutes violentes. Ci-dessous, une chronologie brute des événements des deux dernières semaines et demie, suivie de nos premières réflexions.

Révolte contre la Police dans la Région de la Baie: 24 novembre – 10 décembre 2014

24 novembre: Un grand jury de Ferguson refuse d’inculper le policier Darren Wilson pour le meurtre de Michael Brown. Ferguson s’enflamme. Plus de 2 500 personnes se rassemblent dans le centre ville de Oakland et bloquent l’autoroute 580 pendant des heures. Puis la foule se dirige vers le commissariat de police et des affrontements se déclenchent sur Broadway. Les participants érigent des barricades enflammées et pillent plusieurs grands magasins incluant un Starbucks et un Smart & Final . Des dizaines de personnes sont arrêtées.

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25 novembre : Une petite foule occupe l’autoroute 880 à Oakland. Une foule plus nombreuse bloque la I 580 plus tard dans la soirée et près de 100 personnes sont arrêtée. La foule restée sur place érigent des grandes barricades enflammées sur Telegraph pour repousser la police. Une série de grands magasins sont pillées dans le nord de Oakland et des entreprises bourgeoises sont attaquées. Une autre vague d’arrestations massives a lieu près de Emeryville en fin de nuit.

26 novembre : Une manifestation violente joue au chat et à la souris pendant des heures avec la police de Oakland en centre ville et dans l’ouest de Oakland avant d’être dispersée. De nombreux commerces sont endommagés dans le centre ville et davantage de personnes arrêtées.

28 novembre: Une action coordonnée de désobéissance civile paralyse la station du BART de Oakland pendant plus de deux heures. Cette nuit là, à San Francisco, près de 1 000 manifestants assiègent le quartier commerçant de Union Square pendant le Black Friday, en s’affrontant avec la police 5 et en endommageant des commerces de luxe. Ils traversent ensuite le quartier de Mission, où des commerces sont pilés et des vitrines de banques brisées. La nuit se termine par des arrestations de masses parmi la foule de moins en moins nombreuse.

3 décembre: Un grand jury de New York renonce à inculper les policiers impliqués dans la mort choquante de Eric Garner. Une foule de manifestants bloque Market Street à San Francisco. A Oakland, une manifestation se répand dans le centre ville. Une charge de police l’empêche d’atteindre le commissariat central. A défaut, la foule se dirige vers le quartier riche de Piedmont.

4 décembre : Une autre manifestation se répand dans le centre ville de Oakland, avant de se diriger plus tard vers le quartier de Fruitvale, ou se déroulent des affrontements avec la police suivis d’arrestations massives. A San Francisco, un die-in bloque Market Street pour la seconde nuit.

5 décembre : Des centaines de manifestants défilent dans le centre ville de Oakland, dans une manifestation bruyante devant la prison pour soutenir les personnes arrêtées les jours derniers. La foule se dirige vers l’autoroute 880 pour la bloquer mais est repoussée par la police. Puis, elle se dirige vers la station du BART de Oakland Ouest et détruit les barrières qui protègent la police anti-émeute à l’intérieur. La station est fermée pendant une heure, avant que la manifestation retourne en centre-ville, où des commerces sont détruits, des affrontements avec la police ont lieux suivis de nouvelles arrestations.

6 décembre : Une manifestation démarrée près du campus le l’université de Berkeley campus s’affronte avec la police 6 près de son quartier général et pille différents magasins, comprenant un Trader Joe’s et Radio Shack. La foule s’accroît alors que de nombreux étudiants descendent dans la rue. En réponse, des escadrons de policiers de la région sont appelés en renfort dans le centre de Berkeley, tirant des dizaines de grenades lacrymogènes et attaquant physiquement des manifestants et des passants, provoquant des blessures sérieuses.

7 décembre : Le dimanche soir, une autre manifestation démarre de Berkeley 7 et se dirige vers le nord de Oakland, en s’affrontant avec la police, détruisant de nombreux véhicules de patrouille des autoroutes de Californie 8 et bloquant l’autoroute 24. La police des autoroute utilise des grenades lacrymogène et des balles en caoutchouc pour repousser la foule. Les manifestants répondent avec des pierres et des fusées de feu d’artifice, puis retournent dans le centre de Berkeley, en détruisant des vitrines de banques et de compagnies d’assurances. Ils attaquent des magasins d’électronique et de téléphonie portable, en terminant par le pillage de Whole Foods. La nuit se termine avec des centaines de personnes réunies autour d’un feu au milieu de Telegraph, et en débouchant des bouteilles de Prosecco expropriées. La police a peur de se confronter avec eux mais quelques participants sont pris dans des arrestations ciblées.

8 décembre : La troisième manifestation au départ de Berkeley 9 est de loin plus importante. Plus de 2 000 personnes bloquent l’Interstate 80, empêchant toute circulation pendant deux heures, alors qu’une autre partie de la manifestation bloque la voie ferrée parallèle à l’autoroute. La foule essaie de marcher vers le Bay Bridge mais est repoussée vers Emeryville où plus de 250 personnes sont arrêtées.

 

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Manifestant-es bloquant l’Interstate 80 le 8 décembre.

9 décembre : La quatrième manifestation partant de Berkeley 10 emprunte une fois de plus Telegraph Avenue jusqu’à Oakland et ferme une autre section de l’autoroute 24 et la station MacArthur du BART. Des affrontements de plus en plus violents s’ensuivent avec la police des autoroutes en tenue anti-émeute, qui ouvre le feu avec des balles en caoutchouc causant de nombreux blessés et fait évacuer la foule de l’autoroute. La manifestation se dirige ensuite vers le centre ville de Oakland puis vers Emeryville, où un Pak N Save est pillé en même temps qu’une pharmacie CVS et un 7 Eleven. La nuit se termine avec une autre série d’arrestations, provoquant la dispersion de la foule.

10 décembre : Des centaines d’étudiants de la Berkeley High School débutent une grève et se rassemblent devant la mairie. Une cinquième manifestation plus petite partie de Berkeley se dirige vers Oakland où un magasin T-Mobile est pillé et plusieurs autres grands commerces attaqués. Des manifestants découvrent et agressent des policiers en civil dans la foule, qui pointent des revolvers sur les gens pendant qu’ils procèdent à une arrestation.

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1. Covering the context, conflicts and consequences of the 2009 Oakland Rebellions
2. We welcome the fire, We welcome the rain
3. Local I-880 Blocked, Transit In San Francisco, Oakland Disrupted On 3rd Night Of Eric Garner Protests
4. West Oakland BART shut down by protesters
5. voir la vidéo
6. Police fire tear gas at hundreds of protesters, demonstration disperses at about 3 a.m.
7. Protesters take to streets of Berkeley for second night running: violence, vandalism of local businesses, looting
8. Video 2 cruiser
9. Protesters in Berkeley close I-80 for hours
10. East Bay protesters block Highway 24, light trash fires

Le rythme de l’agitation a constamment changé de tempo durant ces vingt jours mais ne montre aucun signe d’apaisement. La révolte s’est déroulée de manière fluide sous différentes formes de résistance — des marches relativement calmes jusqu’à des blocages d’autoroutes en passant par d’intenses combats de rues et des expropriations ciblées. cela a protégé la diversité du mouvement et l’a rendu capable d’attirer jour après jour des catégories diverses de participants, même lorsqu’il y avait des désaccords profonds sur les questions des tactiques appropriées et peu de consensus sur la direction que le mouvement devait prendre.

Il est difficile d’anticiper sur ce qui va se passer ensuite. Personne n’avait prévu que cette révolte maintiendrait ce degré d’intensité pendant plus de deux semaines, depuis que des manifestants se soient d’abord réunis à l’intersection de la quatorzième rue et Broadway alors que Ferguson s’embrasait. Pour l’heure, il paraît probable que l’élan se poursuive sous une forme ou sous une autre au moins jusqu’à la semaine de Noël.

Les répercussions à long terme ne sont pas claires. Pour le moins, il semble que la période réactionnaire de décomposition sociale qui a suivi l’apogée des luttes ici dans la région de la Baie en 2011 et au début de 2012 est terminée et que quelque chose de nouveau, encore plus intense, est en train de prendre forme.Nous pouvons aussi en déduire temporairement que la tactique consistant à bloquer des infrastructures majeures, incluant des autoroutes, va au-delà de l’exemple des blocages de ports utilisés auparavant par le mouvement Occupy. Dix autoroutes au moins ont été bloquées dans l’est de la Baie seul, depuis les deux dernières semaines ; de telles actions sont maintenant considérées comme une tactique efficace même par ceux qui se qualifie comme des « manifestants pacifiques ».

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Centre ville de Berkeley 7 décembre

En même temps, le rythme constant des manifestations offensives qui débordent des frontières municipales poussent à leur limite les infrastructures locales de maintien de l’ordre. Les unités de police sont de plus en plus réticentes à se confronter aux foules 11 ; des policiers qui se trouvent souvent coincés dans des combats de rues battent en retraite plus fréquemment. Les médias rapportent que les deux premières semaines de manifestations ont coûté 1,36 millions de $ à la ville de Oakland en heures supplémentaires seulement. 12

Bien sûr, ce rythme constant de manifestations met aussi sous tension l’infrastructure répressive qui est devenue un élément vital du pouvoir face aux mouvements de rébellion ici dans la Baie. Cette infrastructure est un des derniers vestiges des manifestations locales de Occupy Oakland; ses racines remontent au comité de soutien des 100 de Oakland 13 formé aussitôt après les premières émeutes de Oscar Grant. Des arrestations ont lieu désormais chaque nuit, des inculpations chaque jour, les voyages doivent être coordonnés vers et à partir de la prison de Santa Rita et de plus en plus d’argent est nécessaire pour payer les cautions des personnes arrêtées avec les accusations les plus graves. La force de ce mouvement pour aller de l’avant dépendra de la manière dont nous répondrons à travers des actes de solidarité et d’une aide matérielle directe aux personnes arrêtées.

En descendant dans les rues de Oakland en décembre 2014, il semble que nous avons bouclé la boucle depuis exactement six ans après que Oscar Grant ait été exécuté par le policier du BART Johannes Mehserle. Ce processus, qui a commencé le 7 janvier 2009 à la station du BART de Lake Merritt lorsque la première voiture de police a été détruite, a fait de nombreux détours à travers différentes vagues de protestations et de mouvements, dont beaucoup se sont manifestés sous forme d’émeutes et d’affrontements avec la police dans et autour du centre ville de Oakland. En même temps, une vague de petits soulèvements s’est déclenchée dans un nombre toujours plus grands de localités à travers le pays, en réponse aux exécutions successives commises par la police : Portland en 2010, Denver en 2010, Seattle en 2011 14, San Francisco en 2011, Atlanta en 2012 15, Anaheim en 2012 16, Santa Rosa en 2013, Flatbush in 2013 17, Durham en 2013 18, Salinas en 2014, Albuquerque en 2014. Lors de chacun de ces soulèvements locaux, le nom d’une personne dont la vie avait été prise par l’état a été arrachée de l’oubli et a brûlé dans la mémoire collective à travers les actions de ceux qui ont choisi de se révolter.

La population courageuse de Ferguson a conduit ce passé jusqu’au point de non-retour en refusant obstinément de quitter les rues, soir après soir, démontrant que ces révoltes pouvaient s’étendre dans le temps et gagner en intensité. Si il existe une réponse à ce pourquoi nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation quasi insurrectionnelle dans la Baie, ce serait simplement celle-ci : nous ne sommes plus seuls. Une autre ville a créé un nouveau précédent pour résister à la police d’état raciste, et donc Oakland n’est plus un cas isolé.

Le nouveau paradigme de lutte issu de Ferguson a été renforcé durant la seconde semaine de révolte, lorsque la nouvelle s’est répandue, selon laquelle un grand jury de New York avait renoncé à inculper un policier coupable de l’étranglement de Eric Garner. Ce qui s’était limité auparavant à une simple éruption de colère en réaction à des cas individuels de policiers exécutant des noirs et chicanos est devenu un combat systématique s’opposant aux structures du pouvoir blanc et à la violence d’état à travers le pays. Ce combat ne concerne plus seulement Michael Brown, Eric Garner, ou Oscar Grant, ni même les milliers de personnes tuées par la dont les noms n’ont jamais été connu par le grand public. Il concerne la marginalisation violente et la mort sociale 19 imposée à l’ensemble des communautés noires et chicanos. Il concerne le rôle de la police qui exerce le droit du tuer impunément pour maintenir l’ordre et les fondations de l’état esclavagiste du capitalisme américain 20.

Nous pouvons enfin parler d’un mouvement national anti-police qui a vu le jour à travers les incendies et les blocages de cette fin 2014. Cela devrait être fêté comme une immense victoire pour la résistance aux États-Unis. Un pas important a été franchi et nous en voyons les résultats chaque nuit.

Depuis plusieurs jours, il est impossible de prédire ce qui va se passer maintenant. Nous espérons que cette situation incontrôlable s’étendent à d(autres lieux, sous de nouvelles formes encore plus créatives de perturbations et d’affrontements .

Quelques Antagonistes de Oakland, 10 décembre 2014

11. Oakland Protests Have Law Enforcement Officials Worried For Their Safety
12. Protests costing Oakland nearly $100,000 per day in overtime
13. Support the Oakland 100
14. Burning the Bridges They Are Building: Anarchist Strategies Against the Police in the Puget Sound, Winter 2011
15. Don’t Die Wondering: Atlanta Against the Police Winter 2011-2012
16. The Anaheim Anti-Police Riot, A Love Story
17. The Flatbush rebellion
18. Unforgiving and Inconsolable: Durham Against the Police, Collected Texts Winter 2013-2014
19. Irreconcilable Anti-Blackness and Police Violence w Dr. Frank Wilderson
20. break the laws/break the chains: political reflections on Mike Brown and White Supremacy from Oakland CA

NDT

J’ai demandé à Ken Knabb* ce qu’il pensait des manifestations contre les violences policières. Voici sa réponse :

« A vrai dire, je ne sais pas que penser de ces manifestations. Je n’y ai pas participé. Plusieurs de mes amis l’ont fait; certains sont enthousiastes, d’autres sont dégoûtés et évitent désormais ce qui leur semble une tactique suicidaire. Ma première impression serait qu’il n’est pas très stratégique d’affronter la police de cette façon, en plus du fait que c’est une grandement exagéré de parler d’un “combat” (ou d’une “insurrection”) quand il ne s’agit que de jouer au chat et à la souris avec toujours comme résultat des centaines d’arrestations, tandis que les policiers, très rarement blessés même légèrement, touchent d’énormes sommes d’argent pour leurs heures supplémentaires.
Le texte de Crimethinc me semble très triomphaliste, sans la moindre reconnaissance des aspects problématiques. Mais le fait que cela continue est impressionnant. La question de la violence policière contre les noirs est désormais sur la place publique. On verra. »

* Ken vit à Berkeley. Il met en ligne le site Bureau of Public Secrets, une référence dans le situationnisme et la vie et l’œuvre de Kenneth Rexroth, entre autres.

 

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